;
Chroniques / 09.11.2020

The HamilTones, 1964

Et donc, 56 ans après les promesses du Civil Right Act, les HamilTones n’ont d’autre choix que d’entonner un retentissant My life matters, fièrement ancré dans la tradition des groupes vocaux afro-américains (la mélodie évoque Tony! Toni! Toné!) dont la puissance de cohésion peut aussi servir à battre le pavé pour surmonter l’injustice. Si le ton est grave sur l’intense The warning (« In cold blood they’re killing you »), le trio de Caroline du Nord privilégie l’appel à l’unité et éclaircit peu à peu l’horizon de cet EP filé par des interludes historiques nommés Nat Turner, James Baldwin ou encore Congressman John Lewis.

Le bouquet harmonique assemblé par J. Vito, Tony Leo et Corey Williams II peut dégager une force sereine digne des Staple Singers (Message to America), se recueillir avec une certaine emphase intransigeante (Nat Turner (Yours alone)), véhiculer l’espoir le long d’une mélodie guillerette à la Stevie Wonder (Imagine) et finir en fanfare dans une chaleur fédératrice héritée des seventies (Celebtrate). L’histoire d’une résilience qui sans cesse recrée de l’humanité bien au-dessus du bourbier quotidien. 

Nicolas Teurnier

Note : ★★★½
Label : Ghetto Allstars
Sortie : 28 août 2020

Nicolas TeurnierThe HamilTones