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Chroniques / 25.01.2019

Leyla McCalla, “The Capitalist Blues”

Apparue sur nos écrans radars fin 2013, Leyla McCalla a depuis parcouru un joli bout de chemin. Les refrains créolisés aux accents folk blues de cette brillante chanteuse et multi-instrumentiste d’origine haïtienne fédère aujourd’hui un public cosmopolite, intergénérationnel mais surtout toujours plus nombreux. Ses choix artistiques ont toujours reflété une démarche bien personnelle et ce troisième album n’échappe pas à la règle. Le changement dans la continuité propre à son parcours de femme, de mère, d’activiste, d’habitante de La Nouvelle-Orléans se décline en une très belle mosaïque de onze titres. Une façon pour cette trentenaire de redistribuer les cartes tout en inscrivant un nouveau chapitre à sa propre histoire. Si pour certain(e)s la vie est un clip, pour McCalla ce serait plutôt une quête. Sur la route de cette légitime ascension, elle a fait monter à bord une figure de sa ville d’adoption, King James, qui coréalise et produit ce nouvel opus.

La forme se veut cette fois un peu plus électrique, encore que. Cordes en nylon ou accords saturés, vibrantes rythmiques ou jazz cuivré. Vous aurez par exemple le choix entre le tempo qui donne chaud d’un Oh my love exécuté avec la caution cajun de la famille Michot (Louis et Ashlee) et une perle acoustique à pleurer dont Leyla a le secret (Ain’t no use). Ritournelles créoles et entêtantes aux épices électriques ou profonde ballade soul avec chœur et orgue churchy, au centre de la démarche et du propos on retrouve ce besoin pressant de faire corps avec le monde qui l’entoure. Celui dans lequel est inscrit son quotidien tout comme les cultures créoles et le sens “politique” qu’elles invoquent. Pour la gloire peut-être, pour la justice, pour la paix, pour l’amour sûrement… Leyla est en route et elle nous tend la main. Prenons-la !

Julien D.

Note : ★★★★
Label : Jazz Village / Pias
Sortie : 25 janvier 2019