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Live reports / 10.12.2015

Mike Wheeler Band + Daddy MT & The Matches

À Tremblay, il est prudent de réserver, car le blues fait souvent salle comble. C'était encore le cas pour ce deuxième concert de la saison, après Roy Gaines.

Michel Rémond avait eu l'excellente idée de programmer un groupe lyonnais dont on ne parle pas assez. Daddy MT & The Matches, révélés lors du Tremplin 2012 de Blues sur Seine, poursuivent leur chemin. Notamment avec leurs compositions originales (celles de l'album paru l'an dernier) qui valent mieux que des reprises éculées pour honorer ce Chicago blues qui reste au cœur de leur musique. Nicolas Ammollo (dm), Olivier Lombardi (b) et Christophe Oliveres (g) forment un solide combo, carré et efficace, façon Teardrops, pour épauler leur leader, Mathieu Tessier. Sa guitare volubile mais pas bavarde se revendique de Lurrie Bell et Magic Slim. Comme eux, il possède un jeu naturel, en finger-picking appuyé, et ne recourt à aucun effet pour développer un jeu tout en tension-détente. Même si le chant mériterait parfois plus de nuances, on ne peut que se laisser porter par ce Chicago blues, rarement défendu avec tant de sincérité et de talent ! Un groupe qu'on espère retrouver dans les meilleurs festivals.

 


Christophe Oliveres, Mathieu Tessier, Nicolas Ammollo

 


Olivier Lombardi

 


Nicolas Ammollo

 


Christophe Oliveres, Mathieu Tessier, Nicolas Ammollo, Olivier Lombardi

 

Pur produit de Chicago, Mike Wheeler et son groupe en proposent une autre vision. Beaucoup plus contemporaine et perméable aux sonorités actuelles. C'est au sein des Chicago Playboys du tromboniste Big James (Montgomery) que Wheeler s'est fait connaître dans une veine où le blues virait au funk festif. Une veine que l'on retrouve en début de concert, mais qui se teinte bientôt de rock quand ce n'est pas de pop avec une reprise des Beatles.

 


Mike Wheeler, Cleo Cole

 

Le jeu de Wheeler est dense, touffu, sans grande respiration. En revanche, son chant très expressif rappelle souvent Buddy Guy auquel il rend hommage. La rythmique (des Chicago Playboys) est stimulante avec Cleo Cole à la batterie et Larry Williams à la basse. Ce dernier, aux airs de forban dansant, ne ménage pas sa peine, accompagnant de tout son corps ses lignes de basse groovy. Brian James tire de son petit clavier des sonorités… diverses et variées : piano mais aussi nappes de synthé, ersatz de section de cuivres, d'un effet parfois discutable ! En fin de concert, le funk et même le gospel (Shout) reprennent leurs droits et le public manifeste une adhésion qui prolongera la soirée de deux copieux rappels.

Jacques Périn
Photos © J.-M. Rock'n'Blues

 


Mike Wheeler, Cleo Cole, Larry Williams

 


Brian James, James Wheeler

 


Cleo Cole, Larry Williams