Rendez-Vous de l’Erdre 2026, Partie 1
21.09.2026
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Nantes et alentours
24 au 30 août 2026
Samedi 29 août
Après une matinée bien arrosée (de pluie !), la météo annoncée plus clémente tint ses promesses pour la soirée du samedi.
Les “tributes“ en hommage à des artistes ou des groupes disparus sont devenus monnaie courante, souvent, et au mieux, de simples copie-carbone des originaux pour public en quête de nostalgie. Hey Aretha !, le spectacle imaginé par le batteur Fabrice Bessouat (jamais à court d’idées) autour d’Aretha Franklin va bien au-delà, ne serait-ce que par le niveau des musiciens, l’excellence du répertoire et, surtout, l’incarnation vocale d’Aretha. Le choix de Laurence Le Baccon (chanteuse des String Breakers mais entendue aussi avec Malted Milk, Curtis Salgado, Arnaud Fradin & his Roots Combo ou les Lowland Brothers) n’a pas dû faire longtemps débat, pas plus que celui de Julie Dumonlin (son alter ego), Louise VO et Fabiola Muccio qui évoquent les Moniques, les choristes d’Aretha. Outre une technique éprouvée, un placement vocal précis, toutes possèdent l’aisance et la grâce gestuelle qui renforce l’impact des œuvres choisies, des grands classiques comme Natural woman, Chain of fools ou Rock steady comme des titres moins attendus, même si Aretha les a aussi repris, comme Bridge over troubled water ou The weight, offrant une plus grande liberté d’interprétation. Une sorte de réappropriation attisée par l’orgue churchy en diable (oh pardon !) de Cedric Le Goff et la guitare caressante de Yann Cuyeu. Respect était forcément au programme et quand Sax Gordon Beadle surgit pour reprendre le solo de King Curtis, les potentiomètres s’affolèrent ! En rappel, le public obtint un joli cadeau : une vibrante version de Drown in my own tears.

Débarqué la veille en avion pour ces deux seuls concerts – celui-ci et celui du lendemain à Sucé-sur-Erdre -, Sean “Mack“ McDonald retrouvait les musiciens rassemblés par Fabrice Bessouat (Cedric Le Goff aux claviers, Julien Dubois à la basse, Sylvain Téjérizo au sax baryton) qui l’avaient déjà accompagné en Europe. Plus Gordon Beadle, le sax ténor tout-terrain aux postures évocatrices, comme toujours débordant de swing et d’enthousiasme, que le programmateur avait eu la judicieuse idée d’ajouter à cet aréopage déjà brillant.
Calme et concentré en coulisses, “Mack“ se métamorphose dès qu’il met le pied sur scène, établissant une connexion avec le public qui ira grandissante tout au long du show. L’instrumental inaugural, Shuffleboard swing, donne la mesure de sa maîtrise instrumentale. Insolente ! Mais le chant n’est pas sacrifié. Au contraire, son expérience du gospel a façonné son expression. C’est flagrant dans ses compos, Fakin’ it et Killing me, ou sa sublime reprise de Rockin’ in the same old boat, à la Bobby Bland. Côté reprises justement, il sort du cadre du son album “Have Mercy“ pour emprunter à Billy Wright – une référence rarement mise en avant -, aux Spiders (qui se souvient de leur Is it true à part lui ?) ou à Jerry McCain, créateur de She’s tough. Dans ce dernier, il s’illustre au piano, doublant Cedric, alors que dans le précédent, c’était son talent d’harmoniciste qu’il avait révélé.
Après avoir superbement illustré son ancrage blues/R&B, il mit à profit la présence des deux saxes pour s’orienter vers le rock & roll festif et débridé des 50’s, d’abord avec un frénétique King Kong (de Big “T“ Tyler, s’il-vous-plait), suivi d’un instrumental effréné à la guitare, annonciateur du Long tall Sally, le brûlot de Little Richard, supporté par 3 000 spectateurs en liesse hululant « Hou ! » en levant les bras au ciel en réponse aux « gonna have fun tonight » lancés par Sean McDonald quasiment en état de lévitation, dansant avec une agilité insoupçonnée.
Cela aurait pu s’arrêter là tant la tension avait été grande, mais, en grand showman, il sut la faire retomber en reprenant en mode guitare-voix Please accept my love, à la manière délicate de B.B. King. Mais le rock & roll était décidément de mise ce soir avec l’intro de Lucille débouchant sur sa compo dans l’esprit, Angel baby. La suite fut une longue impro débridée mêlant The hucklebuck et Tequila à d’autres riffs imparables.
Le festival des Rendez-Vous de l’Erdre venait de vivre une de ses grandes soirées !
A suivre
Texte : Jacques Périn
Photos : © Christophe Mourot














