The Brooks, Festival « les Internationales de la Guitare » 2026
16.10.2026
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1er octobre 2026, Brooklyn, New-York
Avec un tel nom de famille, l’attente de les voir sur scène était de taille. Accompagnées par un groupe d’esthètes de la soul, BG, Zeimani et Kucha ont su gagner le public par leur présence scénique et une soul authentique mais jamais nostalgique. Au-delà de la qualité des chansons et des arrangements, ce sont surtout leurs voix qui marquent le plus. Si la plupart des leads sont pris par l’aînée, BG, les trois sœurs se partagent à tour de rôle la vedette le temps d’une chanson tout en alternant les chœurs.
Dans une salle chauffée à blanc, le groupe, dirigé par Andrew Kingslow au Wurlitzer et aux percussions, commence un instrumental soul jazz typique des productions Daptone avant de jouer quelques mesures du parfaitement choisi Here come the girls d’Ernie K-Doe, pour introduire les Womack Sisters.
Les morceaux phares de l’album étaient évidemment attendus : If you want me, Laughter & tears, I just don’t want you (to say goodbye), mais la sincérité et, il faut le dire, la maîtrise vocale des sœurs font vibrer la salle comble, avec ferveur et émotion. Lors de leur apparition télévisée, interviewées par la journaliste Tamron Hall la veille du concert, elles expliquent vouloir revenir à une musique plus organique et spontanée, et même si elles ne sont pas les premières à revendiquer ce retour aux sources, elles le font avec suffisamment de naturel et de sensibilité pour être convaincantes. Dans un monde numérique, leur démarche de jouer sans ordinateurs ni séquences préenregistrées semble avoir conquis le jeune public, ravi de retrouver sur scène quelque chose de profondément humain : du frisson, des larmes et de la sueur.
Les chansons jouées ce soir sont largement autobiographiques, inspirées de leur vécu, comme l’excellent Chauffeur qui, alors qu’elles travaillaient pour Uber, raconte leurs courses dans les avenues interminables de Los Angeles, ou encore My sisters and me, une ode à la sororité, qui évoque sans forcer le gospel de leur grand-père, Sam Cooke.
En parlant de famille, elles s’autorisent également un clin d’œil à leurs parents, le duo Womack & Womack, avec une reprise de Teardrops.
Une autre famille était également de la partie : celle de Daptone, avec un discret Gabriel Roth, alias Bosco Mann, qui se contente de jouer du tambourin dans le fond de la scène, ou encore Neal Sugarman, soit les deux fondateurs du label de Brooklyn présents.Neal Sugarman fait une apparition pour un solo de saxophone frénétique sur une reprise de Eleanor Rigby des Beatles, dans un traitement soul comme pouvait le faire Booker T. & The M.G.’s en son temps.
Le clou du spectacle fut l’apparition de Josh Lane, chanteur de Thee Sacred Souls, pour une reprise du duo Marvin Gaye & Tammi Terrell, Ain’t nothing like the real thing, qui résume parfaitement la soirée : The Womack Sisters are the real thing!
Texte et photos par Arthur Chanoine-Degruelle

