D.K. Harrell, Café de la Danse
21.10.2026
;
11 octobre 2026, Bussy-Saint-Martin (77)
Formé à Lyon à la fin des années 2 000, le groupe s’est imposé comme l’un des piliers de la scène soul/funk européenne. Guidé dès ses débuts par la chanteuse Américaine Ciara Thompson (originaire de Saint Louis, Missouri), le groupe a su faire évoluer son style et développer une véritable identité. Parti d’un garage-soul brut survitaminé, il s’est orienté au fil des albums (citons notamment les excellents ″Sweet Rewards″ (2018), ″Arcadia″ (2021) et le dernier ″Lessons In Love″ (2025)) vers une soul cuivrée d’inspiration Stax et Daptone.
Volcan d’énergie et meneuse d’hommes charismatique, Ciara Thompson irradie la scène dès les premières secondes du show. D’un dynamisme débordant, impressionnante de maîtrise au chant (puissance, équilibre, sens des nuances), elle brille également par sa proximité avec le public. S’exprimant avec aisance en français, elle dose humour et engagement avec brio, n’hésitant pas à expliciter le nom du groupe (« les secoueurs de fesses »), à apporter son soutien au mouvement lycéen et à contextualiser les paroles de ses chansons.
Armé de sa Kay à trois micros et de son petit ampli en tweed, le guitariste Riad Klaï réussit l’exploit de faire oublier l’absence de claviers, se démultipliant aux rythmiques, alternant cocottes funky, accords enrichis et échappées solo, en son clair ou crunch, au tremolo ou à la wah-wah. D’une souplesse exemplaire, le bassiste Théo Fardèle réussit à faire sonner sa petite Danelectro mieux qu’une Jazz Bass. Il insuffle le juste rebond face à la batterie de Cédric Gerfaud, d’une solidité à toute épreuve. Profondément ancrée dans les fréquences graves, la section de cuivres (Thibaut Fontana au baryton et Franck Boyron au trombone) apporte une assise organique et chaleureuse, accentuant les qualités terriennes, profondément bluesy, de l’orchestre.






Durant leur set d’un peu plus d’une heure, The Buttshakers ont puisé dans leur riche répertoire tout en faisant la part belle aux pépites de leur dernier opus, avec l’excellent Good intentions en ouverture (que l’on jurerait échappé des cryptes de Hi Records), la vibrante Better days (reprise en chœur par toute la salle) ou la contemplative Gotta believe, poignante respiration placée au milieu du set.
Le final est incandescent, avec notamment un formidable chorus de baryton sur Dream on et l’ultra funky Keep on pushing (extrait d’″Arcadia″) qui, en clôture, transforme Rentilly en dancefloor improvisé. Le timing strict n’a malheureusement pas permis de proposer de rappel. Pas de quoi frustrer un public ressorti comblé et le sourire aux lèvres. S’ensuivit une séance de dédicaces durant laquelle le groupe, Ciara en tête, malgré la fatigue de deux concerts enchaînés à la suite, a pu démontrer qu’en plus d’être de fantastiques musiciens, les Buttshakers étaient aussi de belles personnes, se soumettant de bonne grâce au jeu des selfies et des questions-réponses avec les spectateurs.
Texte : Ulrick Parfum
Photos : Raynald Philippart

