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Hommages / 31.08.2026

Lenny Lafargue 1956 – 2026

Né en 1956, peut-être la plus grande année du rock & roll, Lenny Lafargue nous a quittés le 24 août dernier, laissant vide la place particulière et unique qu’il aura occupée dans le blues français depuis tant d’années.

Il est adolescent dans les années 60 et 70 et découvre le blues et le rock & roll à travers les disques qu’il découvre notamment dans l’arrière-boutique d’une disquaire de Bordeaux, tout en apprenant, dès ses 10 ans, la guitare par ses propres moyens, faute de place chez le professeur Henri Martin, seul à enseigner la guitare moderne dans la ville. Quant à l’harmonica, il commence à en jouer vers 16 ans.

Il n’a pas tout à fait 18 ans quand il resquille dans un cinéma pour voir un concert de Chicago blues avec les Aces qui accompagnent Luther Guitar Johnson, Hubert Sumlin, Louis Myers et Lonnie Brooks.

Il fonde son premier groupe, Mojo Blues, à la fin des années 70, mais doit encore exercer une activité professionnelle pour gagner sa vie. C’est après avoir été engagé pour accompagner Memphis Slim au début des années 80 qu’il devient musicien à plein temps, enchainant les concerts et créant une école de musique qui verra passer de futurs grands noms du blues de la région bordelaise comme Raoul Ficel, Cadijo, Florian Royo ou, plus tard, Julien Dubois.

Bien qu’il chante aussi en anglais, il est connu pour ses textes en français, à l’instar de Benoit Blue Boy, Bill Deraime ou CadiJo et Raoul Ficel, cités ci-dessus.

Ses textes sont simples, dans les thèmes, les rimes, la construction. Comme il nous l’a dit en 2011 : « Je fais simple, mes thèmes le sont aussi : la vie quotidienne, la nature, les relations amoureuses, les difficultés des gens à vivre dans le contexte social et politique.  L’humour doit prédominer, seule alternative à la névrose ambiante. J’épure, peu de mots, mais il faut qu’ils sonnent et soient efficaces sur le support musical. Le refrain est important il doit être puissant, c’est l’idée motrice. »

Sa musique mélange le blues de Chicago et celui de la Louisiane, le premier groupe avec lequel il a joué était d’ailleurs dédié au zydeco.

J’envisage toujours la musique à partir du blues mais le rock en découle. N’oublions pas la chanson de Muddy Waters : « le blues a un enfant, son nom est rock and roll ». Donc bluesman je suis, mais rocker aussi.

Lenny Lafargue

Ses albums sont systématiquement riches en moments savoureux. On peut retenir tout particulièrement ʺL’Estuaireʺ en 1999, avec la patte reconnaissable de Benoit Blue Boy, ou ʺIntemporelʺ en 2007 avec le délicieux Le blues frappe à ma porte.

Ce 24 août, le blues est venu frapper à la porte de Lenny Lafargue.

Texte : Christophe Mourot

Photo d’ouverture : Lenny Lafargue, Talant, 2025 © Brigitte Charvolin

Avec Raoul Ficel, CadiJo et Julien Dubois