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Hommages / 27.07.2026

Plas Johnson, The Pink Panther is gone

Quitter le MNOP Tour en apprenant la mort de Plas Johnson ramène à un sentiment mêlant tragique et nostalgie dans la même note. Le sax ténor aux 5000 sessions de studio, aux multiples hits, avait illuminé le festival MNOP de Périgueux à 2 reprises (2005 et 2007). Accompagné pour la dernière participation par l’orgue de Rhoda Scott, il avait enrobé la musique par la grâce d’un son à nul autre pareil.

Très demandé dans les studios hollywoodiens, le natif de New Orleans, qui avait rejoint la côte ouest dès la fin des années 40, voyageait peu : « J’avais un saxophone bien précis dans la tête : Plas Johnson. Je choisis mes musiciens presque toujours à l’avance. J’écris pour eux et autour d’eux. Plas avait exactement le style et le son que je recherchais. » Par ces propos, le compositeur et arrangeur Henry Mancini ne faisait que valider le sentiment général en cours dans les studios hollywoodiens, faisant de Plas un des plus célèbres inconnus de la musique du 20ème siècle.

Son solo de la Panthère Rose flottera encore longtemps dans l’air, intemporel, léger, digeste et apaisant. Personne ou presque ne sait qui est derrière ce velouté et cette rondeur si particulière. Membre à part entière de la terrible Wrecking Crew, association non officielle de musiciens de studios, (Earl Palmer, Barney Kessel, Leon Russel, Mac Rebennack, Buddy Colette) qui a essaimé sans discontinuer dans les studios de Los Angeles du siècle dernier, travailleur infatigable enchaînant sessions et hits à la pelle- jusqu’à 15 h de studio à la suite – cet homme était un magicien dont la reconnaissance par ses pairs était inversement proportionnelle à son aura médiatique. Margie de Fats Domino, Girl can t help it de Little Richard, Youngblood des Coasters, My Way d’Eddie Cochran, Bring it on home to me de Sam Cooke, Constipation Blues de Screaming Jay Hawkins, Two bones and a pick de T Bone Walker, It ain’t necessarily so d’Aretha Franklin, ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d’autres de cette capacité qu’avait Plas à transformer ou à transcender un morceau.

Frank Sinatra en avait fait un compagnon de studio quasi indispensable (Nevertheless entre autres) Dr John (Gris- Gris), Quincy Jones( Quincy got a brand new bag), Aaron Neville ( These foolish things/ Grand Tour,), Marvin Gaye (Let’s get it on), Peggy Lee (Every Night), les Platters (The Great Pretender), Johnny Guitar Watson (The Bear), Etta James (Deep in the night) , BB King (LA midnight), Charles Brown (Hard Times) Johnny Otis (Hit that jive, Jack), Nat King Cole(Let’s make more love), Eddie Vinson (Alimony Blues) et bien d’autres se sont offert ses services.

Ses disques personnels plus rares (ʺThe warm Sound of Plas Johnsonʺ, ʺThis must Be Plas Johnsonʺ et la compilation des enregistrements initiaux ʺRockin with Plasʺ) sont tout aussi précieux que ses collaborations jazzistiques avec de grands instrumentistes (Jonah Jones, Ray Brown Herb Ellis, Rhoda Scott…). Un talent rare, peu reconnu en dehors d’un cercle restreint.

A l’avenir, la tombe du Saxophoniste Inconnu mériterait d’être fleurie tous les 15 juillet.

Stéphane Colin

Photo ouverture : Plas Johnson, Périgueux, 2008 © Brigitte Charvolin

Ecouter Plas Johnson sur la playlist « The Plas To Be« .

Plas Johnson, MNOP Périgueux, 2007 © Gérard Millet