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Chroniques / 02.04.2024

Sue Foley, One Guitar Woman

En mars 2023 à Austin, Sue Foley nous parlait avec passion de cet hommage aux pionnières féminines de la guitare qu’elle voulait enregistrer. Et c’est l’achat d’une guitare acoustique flamenco l’automne précédent, à ­Paracho au Mexique, qui la motivait aussi à concrétiser ce projet, l’album en question, solo acoustique, étant finalement enregistré en juillet 2023 à Austin.

Oh babe it ain’t no lie de la chanteuse-guitariste folk blues ­Elizabeth Cotten ouvre l’album et au-delà de la perfection du jeu de guitare, c’est le chant de Sue qui surprend. Comme déjà remarqué avec son album live, la voix de Sue Foley, éventuellement jugée pendant des années comme un peu dérangeante, trouve ici une tonalité, un positionnement qui correspond parfaitement à ces titres blues ou autres piochés loin dans le siècle dernier. Sue n’imite pas les originaux, elle favorise une approche vocale vibrante convenant bien aux titres choisis, des chansons de musiciennes bien connues comme Memphis Minnie et Sister RosettaTharpe ou moins évidentes comme Elvie Thomas et Geeshie Wiley, et au-delà de cet idiome blues qu’elle maîtrise : une version explosive du La malagueña de Charo, ou le classique tejano Mal hombre de Lydia ­Mendoza qu’elle chante en espagnol.

Sue Foley inclut aussi, étonnamment, une version du Romance in A minor de Paganini inspirée par la Française Ida Presti et une seule composition personnelle intitulée Maybelle’s guitar dédiée à l’immense Maybelle Carter. Son “Live In Austin” de l’an dernier révélait déjà une Sue Foley plus en maîtrise de sa démarche artistique, ce nouveau disque confirme son nouveau statut de talent majeur de la guitare.

Éric Heintz

Note : ★★★★
Label : Stony Plain
Sortie : 29 mars 2024