Morgan Freeman’s Symphonic Blues Experience
25.09.2026
;
Note : ★★★★ ½ Scoop !
Genre : Soul, folk, pop, jazz
Label: Twelve-Eight
Quelle merveille d’album ! Avec ″Helpless Love″, Katherine Perkins signe un album qui confirme l’originalité de son univers et la solidité de son écriture. Basée dans le Maine, chanteuse, pianiste et peintre, cette artiste complète a longtemps navigué entre psych‑pop, folk et ballades indie (au sein du groupe Rose Hips & Ships) avant de trouver, sur son excellent premier album solo ″Being Younger″ (2024), un ton plus personnel. Ce nouvel essai élargit encore le cadre : Perkins y explore l’amour, les esprits, les forces invisibles, les questions cosmiques et les zones d’ombre qui traversent sa vie. Ses paroles poétiques, souvent très imagées, mêlent humour discret, réflexions existentielles et une manière singulière de regarder le monde avec tendresse et perplexité.
Musicalement, ses chansons, écrites au piano puis enregistrées au Wurlitzer, mêlent Americana, folk, soul et une touche de fantaisie à la Aldous Harding ou à la Valerie June des débuts. Le résultat donne un mélange hybride, familier mais jamais prévisible. Sa voix, douce, bien posée, sans affect ni surjeu, porte ses compositions avec justesse.
Le groupe qui l’entoure apporte à ses compositions une vraie richesse sonore. La section rythmique — Rebecca Lasaponaro à la batterie funky, Ross Gallagher à la basse serpentine — installe une ambiance chaleureuse, spacieuse. Les guitares de Ryan Blotnick et Tim Semler apportent du relief, entre folk lumineux et éclats plus électriques. Les cuivres, arrangés par Danny Fisher‑Lochhead, ajoutent une couleur subtile, jamais décorative. L’ensemble sonne vivant, souvent grisant, porté par une prise de son douillette et une orchestration qui singularise à la perfection chaque morceau (solos de trompette ou de clarinette-basse).
Les chansons, ensorcelantes, conduisent l’auditeur dans un ailleurs cotonneux et aérien, à l’image des harmonies grandioses de Phoenix, née d’une période de doute où Perkins cherchait ″des forces dans des images de sorcières protectrices″. Lumineuse, vaporeuse et substantielle, Molecules interroge la possibilité de créer encore dans un monde saturé de sollicitations. Ghost Town brosse une rencontre étrange dans un village désert d’Arizona et To the moon rappelle, avec humour et douceur, qu’il reste des raisons de croire en la Terre. Quant au morceau‑titre, il ramène tout à l’essentiel : un amour franc, sans détour, porté par un refrain enivrant et, toujours, ce Wurlitzer qui confère à l’ensemble du CD son incroyable douceur.
Ulrick Parfum
sortie : 25 septembre 2026