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Live report / 11.10.2017

First Evening

Le fameux riff de Green onions jaillit de son Hammond et imprègne la pièce d'un alléchant fumet. C'est ce qui s'appelle planter le décor. Bala Pradal, cofondateur du Triton, ex-claviers de Big Dez (entre autres), tient fort à ce que la belle salle des Lilas reprogramme régulièrement du blues. Et en réunissant un quintet baptisé First Evening, l'impulsion salutaire était toute trouvée. Du blues pluriel et festif porté par un répertoire de choix : de Ray Charles (Hallelujah I love her so) à B.B. King (Sweet little angel), en passant par des pépites moins courantes comme lors de cet enchaînement entre Don't touch me et Bow wow. Ou comment célébrer deux extrémités de la carrière de Johnny Guitar Watson, trait d’union s’il en est entre le blues et le funk. Rythmique polyvalente, donc, avec Karim Bouazza (dm) et Stéphane Poterlot (b), à même d'épauler solidement les deux frontmen du soir.

 


Bala Pradal

 


Karim Bouazza

 


Stéphane Poterlot

 


Jeff Hoffman

 

Originaire de Chicago, Parisien depuis près de vingt ans, Jeff Hoffman a cultivé son jeu de guitare sur la Côte Ouest. Bagage jazz, fougue contagieuse, il sait être saignant en plusieurs circonstances : via du Albert King, sur un blus lent en mineur ou lors d'un vibrant shuffle dédié à un de ses modèles, Robben Ford (Prison of love). C'est d'ailleurs sur ce titre qu'apparaît le cinquième homme et son harmonica virevoltant. On a beau être prévenu, Vincent Bucher nous refait le coup à chaque fois : quelle richesse de phrasé ! Quel son ! Un modèle de virtuosité inspirée. On aime sa façon d'envoyer la sauce sur du Chicago blues bien nerveux, on retient son souffle quand il effleure ses lamelles à travers le micro chant. Avant de refaire tout exploser. Et comme il est bien plus affûté au chant que son collègue américain, on savoure ce deuxième set dont il tient les rênes.

 


Vincent Bucher

 


Jeff Hoffman, Karim Bouazza, Vincent Bucher

 


Jeff Hoffman, Vincent Bucher

 


Jeff Hoffman

 

Imperturbable derrière ses lunettes noires et ses claviers, Bala Pradal aura lié le tout de mains expertes, envoyé du Jimmy Smith, glissé une douceur sans les guitares. Et au final réussi son pari : le public est venu, a aimé, a dansé. Le blues reviendra au Triton, promis juré.

Nicolas Teurnier
Photos © J-M Rock’n’Blues
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Bala Pradal