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Live reports / 19.10.2016

ELECTRO DELUXE

« Vous êtes Electro Deluxe ! », lâche et répète, au bout d'une heure de concert, le chanteur charismatique James Copley. Ah bon ? Je ne m'attendais pas à faire aussi vite partie de la famille. Mes voisins de dancefloor non plus visiblement. Moi qui m'étais préparé à entendre un groupe essentiellement instrumental ; moi qui pensais assister, passif, à un concert de soul-jazz, haut en techniques et faible, à mon goût, en feeling ; moi qui ne jure que par les États-Unis en matière de soul-blues ; je m'étais mis le doigt dans l’œil. Voici du funk avec des cuivres d'une grande fierté et des claviers d'hier et d'aujourd'hui ; un funk des années 2000, “made in France”, près de chez moi. Je n'en crois pas mes oreilles. Le chanteur me bluffe. Par son énergie – hors du commun –, par sa voix – qui vaut bien celle de jazzmen comme Kurt Elling –, par son grand cœur – sensible, c'est lui qui le dit. Que serait Electro Deluxe sans lui ? Que serait-il sans Electro Deluxe ? Mais j'ai la réponse : « Vous êtes Electro Deluxe ! », nous dit James Copley au nom de ses camarades qui sillonnent les routes de France depuis quinze ans. Démago, cette variation sur le thème du “nous ne serions rien sans vous” ? Non, le show d'Electro Deluxe est tellement “participatif”, le petit speech du leader Thomas Faure est tellement drôle et ces sept garçons nous donnent tellement pendant près de deux heures qu'on accepte avec joie d'être Electro Deluxe pour un soir. Ce qui n'empêche pas, bien au contraire, de goûter pleinement aux formidables compositions, paroles et musiques, du groupe. Peu ou pas de temps mort, une reprise de bon goût du Stayin' alive des Bee Gees, un clavier très aiguisé qui pallie sans soucis l'absence de guitare : être Electro Deluxe est un honneur. Mieux vaut tard que jamais.

Julien Crué