Jazz à Sète
20.08.2026
;
7 juin 2026
Chicago
Grâce au guitariste Dave Katzman, différents concerts-jam sessions réunissent quelques pointures de Chicago hors papys toujours à l’affiche (Bob Stroger, Jimmy Burns) : les « suspects habituels » de fonction (Billy Flynn, Lee Kanehira, Pookie Carlisle…) ou en passage obligé (Willie Buck, son sac de cd et sa participation éphémère) ainsi qu’un condensé de la deuxième division des « Chicago finest » comme on dit de la police, où vous croiserez Carlos Johnson (vc/gtr) affalé sur le sofa rouge craquelé terminant son repas d’une lampée discrète de sa fiasque et impatient d’aller jouer, ou Oscar Wilson (vc) en survet’ de jogging en grande conversation au bar tout aussi « friendly », attendant son tour de set. Le cerbère de service à l’entrée épluche vos dollars avant le tampon « quality control ». Même le célèbre producteur-collectionneur- comité du festival Dick Shurman ne trouvant plus son laisser-passer sur son téléphone dût payer. Quant à Bruce Iglauer qui, au vu de sa notoriété, avait ses entrées partout, il s’acquitta de son entrée au Blue Chicago parce que le jeune videur de service n’avait aucune idée de qui il était. Et c’est un Mike Wheeler (vc/gtr) honteux, alors qu’il avait fait saluer sa présence, qui le rattrapa à la sortie, remboursement au poing ; Iglauer déclina. Les temps sont durs, même pour les multi récompensés.
Cette année, nous avons choisi la « Super Jam pour Pros » en guise de conclusion post festival, subodorant qu’elle attirerait, du moins avant minuit, des figures non récurrentes comme à son habituelle « Super Session » de lancement. Et avons renoncé au « All Star Harmonica Blast » organisé lui par Rob Stone. Effectivement, si Amy Lowe (vc)- madame Katzman- nous est imposée, pas de Johnny Burgin (en tournée) ni de Mary Lane (aucun regret) : place à un ténor bien rageur et à Kenny Neal qui assis à côté de moi, ne se tient plus, saute sur la scène, harmonica à la main, s’immisce d’abord dans un boogie scandé à la Slim Harpo puis en prend le contrôle en s’appuyant sur les riffs. Succès garanti. Quelques morceaux plus tard c’est l’excitant Dennis Gruenling qui musicalement souffle le chaud et le hot avec ses accompagnateurs d’un soir. Mais Dick Shurman désire rentrer chez lui via la Lake Shore Drive nord qui borde le lac Michigan afin, il est vrai, de montrer à sa nouvelle conquête les ponts et gratte-ciels illuminés d’un Chicago scintillant dans la nuit, une sorte de coda féérique du festival.
Texte : André Hobus
Photos : © André et Liliane Hobus
Ouverture : Lee Kanehira (kb), Vince Salerno (sax) Billy Flynn (g), Oscar Wilson (v), Bob Stroger (bs), Dennis Gruenling (hca), Reggie’s







