Vache de Blues 2026
14.07.2026
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Chicago, Logan Center
29 juin 2026
Le soir même, Bruce Iglauer (Alligator) nous conduisait au Logan Center, un des bâtiments emblématiques du campus universitaire pour l’unique prestation du chanteur-harmoniciste Aki Kumar accompagné de ses propres musiciens californiens venus eux en droite ligne de San Francisco-San Jose, dont les invités-parce qu’en réalité les organisateurs du concert- se nommaient Matthew Skoller (MC et chanteur-harmoniciste) et Tom Holland (gtr). Et de me pincer, ne serait-ce que pour me tenir éveillé.
Petit auditorium-studio au 8e étage, sono impeccable, public sophistiqué et âgé venu écouter une sorte d’illustration sonore clôturant un cycle d’études culturelles et sociologiques trans courants (Skoller dans sa présentation), explication logique de la présence de Kumar et de son Bollywood Blues dans une ambiance studieuse et attentive. Quelques visiteurs asiatiques suivront le concert dans une sorte de recueillement spirituel. C’est là que réside toute la contradiction mais aussi l’émancipation du blues, quel que soit le style abordé : un futur universel que les Afro-Américains n’auraient pas imaginé à ce point, je pense. En a-t-il perdu de la spécificité, une partie de son âme ? Probablement oui mais au profit d’une reconnaissance mondiale puisqu’il proclame lui-même que le blues n’a pas de couleur et que tout un chacun peut le ressentir.
Dès lors, je comprends la démarche pédagogique de la soirée et nous assistons donc à 2 excellents sets parce que Kumar et ses complices réussissent à transposer ce que d’aucun pourrait qualifier de « Disney blues » tant il est lisse, poli et swing, mariant Beverly Hills avec les romances sucrées et chorégraphiées des films indiens au boogie du jump blues à l’harmonica West Coast (merci George Smith et Rod Piazza). Sa section rythmique- Randy Bermudes (bs) et June Core (drm)- peut rivaliser avec celle de Rick Estrin ; seul son guitariste, Rome Yamilov, n’est pas à niveau, selon moi, et certainement pas à celui des prédécesseurs historiques du style.
Quant au leader, il « enchante » par sa fluidité et les tonalités mélodieuses de ses vocaux, plus mielleux encore quand il chante en hindi une complainte amoureuse expressive, un genou par terre. Mais le Chicago blues reprend ses droits, surtout durant le 2e set et avec ses invités Skoller-Holland en alternance ou en compléments harmonieux et duels créatifs.
Je suis prêt pour le festival.
Textes et photos : André Hobus


