Técou en Blues 2026
05.06.2026
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Château de Poncé et la Scierie
26-27 juin 2026
Dès les premières annonces de l’édition 2026, on savait déjà que le contrat serait rempli. Michel Pampelune a été disquaire, producteur, tourneur, éditeur, d’un style de musique placé sous la bannière Americana, mais que l’on ne s’y trompe pas, le Festival est plus Eldorado, qu’Americana. En fil rouge de sa programmation, des artistes auteurs compositeurs de musique américaine, étant capable de transmettre une émotion musicale en solo comme en groupe. A l’instar d’un Neil Young qui serait le maître étalon de ce festival. Et comme il aime à la dire, s’il a pris le meilleur de la musique nord-américaine, pour l’accueil, la restauration et la buvette, il a choisi le savoir faire français.
Tout commence le vendredi 26 juin, avec un RDV au château de Poncé. Une jauge à 200 spectateurs, complète bien avant la date. L’accueil dans ce superbe cadre de style renaissance, avec un jardin à l’Italienne, se fait sur fond musical de Harvest Moon (Neil Young). C’est le début de soirée, il fait encore chaud, mais on se sent bien.
Une petite scène au pied du château, sur laquelle monte Michel pour un petit discours de bienvenu et présentation du festival. Puis c’est au tour de Barbara Forstner, auteure compositrice franco-américaine, qui à l’honneur d’ouvrir les festivités. Heureuse d’être invitée en première partie de Dylan LeBlanc, elle nous offre des morceaux de son premier album auto produit (Long Long Gone), et du prochain à sortir en Janvier 2027. La voix est superbe, le jeu de guitare délicat. Un set tout en douceur et en émotion, une grande et belle artiste en devenir.
La seconde partie est assurée par Dylan LeBlanc. Déjà présent en 2024 avec son groupe « the steel vaqueros », il revient en solo pour cette prestation au château, mais s’est proposé également de rester le lendemain. Sympa !
La petite scène du château est idéale pour apprécier son magnifique jeu de guitare, ainsi que son timbre de voix particulier, mais qui sait nous transporter à travers son univers, par la reprise de morceaux des albums « Cautionary Tales » et « Coyote » et autres pépites. A l’écoute on se laisse emporter au volant d’une vieille Ford Mustang poussiéreuse sur les routes du sud des Etats-Unis, et rencontrer tout un tas de personnage plus au moins fréquentables. La nuit tombe doucement dans la cour du château, la chaleur baisse un peu également. Dylan en profite pour inviter son amie Alela Diane à le rejoindre. Moment suspendu le temps d’un morceau, ou plus rien ne semble pouvoir arriver.
Le samedi en ce début d’après-midi caniculaire, il faut prendre la route pour rejoindre Vancé. On traverse alors des paysages de champ de blé fraichement coupé, on est déjà dans l’ambiance. Puis on arrive à la scierie. Deux grands hangars en bois (clin d’œil à Barn de Neil Young ?), plus une grande scène en structure métallique. Accueil chaleureux, on nous souhaite un bon festival.
Et ce sera le cas.
Charb-On ouvre le bal sur la grande scène à 15H00. Ce trio bordelais s’est formé en 2025 et a sorti un premier EP ”The Austin Sessions”, enregistré au Texas. Ça joue fort, c’est du blues fiévreux et sauvage.
Le soleil et les températures tiennent le public à l’écart du devant de la scène, qui préfère se refugier à l’ombre du hangar. Il en sera ainsi toute l’après-midi.
Sous le hangar, une petite scène nommée Totem, est installée et accueille Luke Winslow King pour un set en solo d’une demi-heure. Originaire de la nouvelle orléans, actuellement résident espagnol, sa musique offre une palette d’influence diverse, blues, soul, jazz, folk, qui, sur cette courte prestation remporte un vif succès auprès du public.




Pas de temps mort, les Canadiens de Horsebath enchainent sur la grande scène. Date unique en France, inconnus au bataillon, ils sont les outsiders du festival. Si sur leur premier album, ils se présentent en quatuor, sur scène ils sont six. Trois guitares, une basse, un clavier et une batterie. Leur jeu est un folk rock électrique des plus revigorants avec l’énergie de la jeunesse, mais avec le groove de leurs influences, The Band, Buffalo Springfield. Très belle découverte de Michel Pampelune.
Sous les hangars il fait plutôt bon. On en profite pour se rafraichir à la buvette et passer au stand merchandising. Entre celui bien fourni du festival et ceux des différents artistes, il y a de quoi mettre la carte bleue à rude épreuve. Dommage qu’aucun CD du premier album « Another Farewell » de Horsebath n’était à vendre. Il faut leur écrire pour le commander.
17H45, Alela Diane monte sur scène. Des nuages se forment au même moment, faisant doucement baisser la température. Le public sort un peu de la torpeur de l’après-midi et se masse devant la scène pour celle qui est un peu la star du festival et la plus connue du public (disque d’or en France, il y a 20 ans, avec son premier album). En couverture du premier numéro du magazine Eldorado, Michel Pampelune et Alela Diane c’est une collaboration et une longue amitié. Le concert commence en trio, puis elle invite Dylan LeBlanc pour quelques titres dont le fameux « The Pirate’s Gospel ». Seule, sur la troisième partie du concert, elle opte pour la formule acoustique et intimiste en interprétant d’anciens titres, rappelant une discographie bien fournie. Ses mélodies sifflées font toujours mouche.
La fin du concert coïncide avec l’arrivée de la pluie. Quelques personnes se mettent à danser sous cette averse qui rafraichit l’atmosphère. Luke Winslow King revient sur la petite scène totem, pour un nouveau set d’une demi-heure. Mais l’orage gronde faisant craindre le pire. La foudre tombe sur le toit de la scierie dans un bruit assourdissant. Plus d’électricité sous le hangar. Mais tout rentre dans l’ordre assez vite. Luke Winslow King reprend là où il s’était arrêté sous la clameur du public.
Retour sur la grande scène pour Jesse Sykes and the Sweet Hereafter. Ils reviennent après 14 ans d’absence de toute activité musicale, avec un nouvel album « Forever, I’ve Been Being Born ». Date unique en France, c’était le concert qui méritait le déplacement à Vancé. Jesse Sykes et Phil Wandscher, c’est un duo intense, avec une énergie diffusée par chacun pour alimenter l’autre. Pour une partie du public, leur univers musical, moins accessible qu’une Alela Diane, peut paraître assez sombre, tourmenté, la vie ne les a pas épargnés. Dark Folk pour certains. Mais la voix et guitare de Jesse restent douce, alors que les parties de guitare de Phil sont électriques, rugueuses. L’ensemble donne un set envoutant et hypnotisant. En échangeant quelques mots avec Jesse, après le concert, elle laisse entendre qu’elle souhaite revenir avec le groupe the Sweet Hereafter au complet. Excellente nouvelle et affaire à suivre
Retour sur la scène Totem, pour une courte prestation de Dylan LeBlanc en solo acoustique. Quelle ambiance, le public entoure la petite scène et ne veut pas le laisser partir.
Dernier groupe à monter sur la grande scène, GA-20, trio de Boston. Et dès le départ c’est du très gros son. Quel contraste avec le concert précédent de Jesse Sykes. Mais finalement tout ça fait sens. Michel Pampelune avait prévenu, l’Eldorado Americana festival, est un mélange de style que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Alors les déluges de guitares sur les reprises de Hound Dog Taylor ou leurs propres compositions sont un véritable régal.
La deuxième édition du Eldorado Americana Festival se termine. Certains diront que c’était immanquable, et c’était bien le cas.
Félicitations à Michel Pampelune et son équipe d’avoir mis sur pied cette édition. Des festivals, il y en a en France, mais des comme celui-ci, il n’y en a qu’un. Il y a un public pour cette niche musicale. Et s’il peut permettre de placer Vancé sur la carte de la France (et de l’Europe) alors tant mieux. On imagine que Michel a encore plein d’artiste à nous faire découvrir. Rendez-vous pour la troisième édition.
Texte et photos : Nico Sturma




