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Chroniques / 09.06.2026

Selwyn Birchwood, Electric Swamp Funkin’ Blues

Ce nouvel album de Selwyn Birchwood chez Alligator est le premier qu’il produit lui-même. Selwyn cherchait plus de liberté mais le résultat est dans une forme de continuité, ce qui est bien tant on aime son blues rock puissant sous contrôle, ce son reconnaissable, avec l’épais tapis rythmique déroulé par la basse et le saxophone baryton des fidèles Donald “Huff” Wright et Regi Oliver, et bien sûr les guitares et la voix de Selwyn. Tous les morceaux sont des compositions originales et les temps forts sont nombreux.

Après une intro courte évoquant l’alunissage d’Apollo 11 sur fond de guitares hard blues, le funky The church of electric swamp plante le décor, avec ses chœurs, et son solo de guitare à effet qui s’envole momentanément en gospel avec claquements de mains. Le soul blues Damaged goods est plus mesuré mais aussi fort avec un nouveau solo dont la tension détente ne laisse pas intact. C’est encore plus fort dans le blues rock lent Soulmate où Selwyn donne tout à la guitare, ou presque, car il sait toujours s’arrêter juste avant d’aller trop loin, créant chez l’auditeur la petite dose de frustration qui donne envie d’y revenir. La lap steel est en vedette sur l’excellent Should’ve never gotten out of bed.

Il faut s’attarder aussi sur What I’ve been accused of, avec sa guitare slide et son ambiance façon Elmore James. Les paroles sont savoureuses. Selwyn a une compagne jalouse qui contrôle tout et il se dit : « j’aimerais avoir fait tout ce dont je suis accusé ». Ce don de plume permet ailleurs à Selwyn de porter des regards critiques, désabusés ou amusés, sur les gens et le monde d’aujourd’hui. En clôture, The struggle is real mêle les genres pour délivrer un message d’espoir : la vie est dure mais la lutte est réelle. Une belle conclusion à un beau disque.

Christophe Mourot

Note : ★★★★

Label : Alligator

Sortie : 27 mars 2026