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Chroniques / 08.06.2026

Johnny Burgos, A Long Short Story

Note : ★★★★ ½

Label : LRK

Genre : Soul

On avait adoré « All I Ever Wonder », deuxième essai de ce jeune chanteur-compositeur de Brooklyn dont nous avions fait la connaissance en 2024. On aimera tout autant son successeur, un concept-album analysant en 11 morceaux et 4 saisons les différentes étapes d’une histoire d’amour, de l’éclosion printanière à la dissipation hivernale en passant par les ivresses estivales et les mélancolies automnales, emplies de doutes et de questionnements. De nouveau soutenu par le producteur Jeremy Page, Burgos élabore une soul contemplative et douce-amère, enrobée d’arrangements magnifiques et conduite par une voix de tête qui rappelle la grâce et l’élégance d’Andy Platts (Mamas Gun, Young Gun Silver Fox) ou la fragilité d’Aaron Frazer.

Stylistiquement proche de Marvin Gaye ou de D’Angelo tout en intégrant des influences plus contemporaines parfaitement assimilées (arabesques nu-soul ; rythmiques hip-hop), il fait preuve d’une agilité mélodique bien au-dessus de la moyenne, parachevant ses harmonies sophistiquées de lignes vocales aussi raffinées qu’efficaces. Si ses titres les plus ouvertement joyeux ne manquent pas de panache, c’est bien dans la beauté triste qu’il excelle, son spleen réveillant chez l’auditeur des blessures que l’on croyait à tort cicatrisées, des sensations enfouies, ces espoirs déçus dont on ne se relève jamais totalement. Johnny Burgos réussit l’exploit de faire battre notre cœur un peu plus vite un peu plus fort. Certaines musiques, rares et précieuses, donnent le sentiment de se sentir vivants ; « A Long Story Short », disque d’ombres et de lumières, en fait définitivement partie.

Ulrick Parfum

Sortie : 4 novembre 2025