Russ Green, Stone Cold
16.06.2026
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Note : ★★★ ½
Genre : blues
Label : Little Village Foundation
Harrell Davenport vient rejoindre la cohorte des jeunes musiciens afro-américains qui ont choisi le blues comme idiome. A l’instar de D.K. Harrell, et Sean McDonald, Davenport signe son premier album sur Little Village Foundation, le label du claviériste Jim Pugh. YouTube a joué un rôle déterminant dans la formation du jeune homme, lui permettant d’abord d’approfondir sa technique en visionnant les maîtres disparus, puis de se faire connaître grâce à ses nombreux posts.
De quoi éveiller l’intérêt de ses aînés qui nont pas tarder à faire des offres de services : Jim Pugh, déjà nommé, mais aussi Matthew Skoller, harmoniciste chevronné de Chicago qui se retrouve associé à Kid Andersen, grand manitou du Greaseland Studio de San Jose, pour produire ce premier album.
D’entrée, sur Tomorrow, en mode shuffle chicagoan, on est frappé par l’aisance du leader tant à la guitare qu’à l’harmonica. Ensuite, l’un ou l’autre seront privilégiés au fil des titres, sans qu’il soit possible de donner l’avantage à aucun ! “Rell“ est presque partout remarquable et plus brillant encore dans les instrumentaux, Richland swing, boogie échevelé à la guitare, et Nite creeper, où l’harmo moite règne sans partage.
Comme tout bluesman qui se respecte, Davenport puise dans ses expériences, pas toujours réjouissantes, pour alimenter des compositions comme Giving me the blues ou l’émouvant Fatherless child. Avec Spinning, son incursion dans la soul cuivrée façon Memphis est une réussite. Deux reprises seulement : I hear some blues downstairs de Fenton Robinson et, plus étonnant, le très engagé Masters of war de Bob Dylan. Si le chant manque parfois d’assurance (il n’a que 19 ans !), il est souvent convaincant, et même brillant dans le The world don’t deserve you final qui laisse entrevoir de beaux prolongements, avec une personnalité plus affirmée encore.
Jacques Périn
Sortie: 5 juin 2026