Amani Burnham, Roots & Wings
11.08.2026
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Note : ★★★ ½
Genre : Soul blues
Label : Autopublié
Si son premier album, “N’Treble“, sorti en2021, est passé sous nos radars, le second, toujours autoproduit, mérite l’attention. Il révèle un musicien protéiforme : auteur-compositeur, arrangeur, pianiste-organiste et interprète d’envergure dans une veine soul blues bien trempée, qui n’est pas sans rappeler Sugaray Rayford.
Né à Chicago, mais établi à Springfield dans l’Illinois, Charles Tiner a grandi à l’ombre de l’église de son paternel. Même si ses textes sont profanes, l’influence de la ferveur baptiste y est tangible, bien fusionnée avec celle du blues. Il a d’ailleurs fait des études de théologie, chanté le gospel auprès de Walter Hawkins, mais a décliné l’offre de son père de reprendre le flambeau de son église. Préférant, dit-il, « partager mes expériences en musique, ce qui fait de moi un artiste de blues authentique et profond ».
Le personnel pléthorique, détaillé plage par plage, donne à penser que cet album est le produit de séances organisées au fil de l’inspiration et des opportunités. Tiner lui apporte pourtant une certaine cohérence. Il privilégie les ambiances chargées (parfois un peu trop, cf. Peace by the river) en cuivres (synthétisés) et chœurs d’où émergent des solos de guitare appuyés ou, plus rarement, de saxophone. Ses propres parties de claviers et d’orgue sont marquantes (Be a man), mais le beau solo de piano sur She made a move on me est à créditer à Ezra Casey. Le ton des textes de Charles Tiner, très élaborés, peut être vengeur, moralisateur, ironique, torturé, parfois déroutant (Night rider).
Trois plages se singularisent : la reprise du gospel d’Orvis Mays, Don’t let the devil ride à l’arrangement original (Sean McDonald en a récemment donné une superbe version) et les deux titres unplugged dominés par l’harmonica virtuose de Chris Camp, Don’t bau me nun et Put your money on me, un conseil de placement que l’on est prêt à suivre…
Jacques Périn
Sortie : 1er janvier 2026