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Chroniques / 15.10.2026

Albert King, I’ll Play The Blues For You

Note : ★★★★★

Genre : blues

Label : Craft Recordings

Spécialisé dans les rééditions, Craft Recordings a développé les Bluesville Series plus spécifiquement consacrées aux labels Prestige, Vee-Jay, Riverside, Vanguard, Stax et Rounder. Finitions impeccables, remastering en AAA à partir des bandes originales par Matthew Lutthans au Mastering Lab et pressage 180 grammes : toutes les conditions sont réunies pour (re)découvrir trois classiques incontournables qui rendent compte de la diversité du blues. Aujourd’hui : Albert King.

Le dernier volet de ces trois rééditions nous emmène à Memphis et plus spécifiquement du côté de chez Stax Records. En 1972, Albert King est l’une des figures les plus illustres et sans conteste la tête de proue blues du catalogue du label fondé par Jim Stewart et Estelle Axton.

Il a à cette date déjà réalisé quatre albums remarquables pour Stax mais « I’ll Play The Blues For You » marque indéniablement une montée en gamme en matière d’arrangements et de production, illustrant à merveille le rapprochement qui s’opère à cette époque entre le blues et la soul. Si le morceau-titre ne dégage sans doute pas la force qu’il acquerra en live (cf. les versions à Wattstax ou à Montreux que l’on retrouve sur « Blues at Sunset » et « Blues at Sunrise »), il démontre que la guitare puissante et les bends hors-norme du colosse à la Gibson Flying V s’accommodent à merveille de l’accompagnement ouaté et tout en nuance prodigué par The Bar-Kays et The Movement au long de ces huit titres.

De l’hymne churchy Little brother en passant par le funky I’ll be doggone, l’entêtant High cost of loving et le classique Breaking up somebody’s home, tout n’est ici que jubilation et invitation à la danse. Ajoutez à cela une pochette iconique qui en fait certainement avec « I Wanna Get Funkyʺ, son successeur, le sommet de la discographie d’Albert King.

Nicolas Deshayes

Sortie : 12 juin 2026

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