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Chroniques / 14.10.2026

Skip James, Devil Got My Woman

Note : ★★★★★ Le Pied !

Genre : blues

Label : Craft Recordings

Spécialisé dans les rééditions, Craft Recordings a développé les Bluesville Series plus spécifiquement consacrées aux labels Prestige, Vee-Jay, Riverside, Vanguard, Stax et Rounder. Finitions impeccables, remastering en AAA à partir des bandes originales par Matthew Lutthans au Mastering Lab et pressage 180 grammes : toutes les conditions sont réunies pour (re)découvrir trois classiques incontournables qui rendent compte de la diversité du blues. Aujourd’hui : Skip James.

Nous sommes en 1935. Johnnie Temple connaît un succès commercial certain avec Evil devil blues, une version du Devil got my woman de celui qui fut un temps son camarade de chambre à Jackson, Mississippi. Le nom de ce colocataire alors loin d’être illustre ? Skip James. Désabusé et aigri, le natif de Bentonia, Mississippi décide de tourner le dos à la musique. Cumulant différents métiers, il est redécouvert près de 30 ans plus tard en 1964 dans un hôpital de Tunica, Mississippi par trois admirateurs, John Fahey, Henry Vestine et Bill Barth.

Il triomphe alors au Newport Folk Festival, et enregistre en 1966 un premier album pour Vanguard (« Today! ») bientôt suivi d’un second, le fameux « Devil Got My Woman » ici proposé. Au moment de l’enregistrement les 22, 23 et 24 mars 1967, James est atteint d’une tumeur qu’il combat depuis plusieurs années. Il tire de ce combat (qu’il finira par perdre en 1969) un album poignant, testamentaire et profondément autobiographique. En témoignent Sick bed blues dans lequel il évoque sa maladie et la perspective de la mort, Lorenzo blues, consacré à sa femme Lorenzo Meeks James ou encore Look at the people standing at the judgement qui renvoie à sa foi religieuse.

Seul derrière le micro, il alterne guitare, fréquemment accordée en open-tuning de Ré mineur (sa marque de fabrique), et piano, saisissant l’auditeur avec sa voix à nulle autre pareille.

Nicolas Deshayes

Sortie : 18 septembre 2026

A suivre demain : Albert King.

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