Harrison Kennedy, Old Fashion Plain
01.10.2026
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Par Camille Moreddu
L’Harmattan – Anthropologie et Musiques
Voici un livre passionnant, fruit d’un travail de recherche que l’on devine formidable. On y comprend comment est née la musique folk américaine, au sens musique qui vient du peuple américain et qui le représente.
Un peuple américain forcément difficile à définir au départ et à rassembler dans une identité musicale collective.
Tout au long de la période considérée, de 1890 à 1940, des approches universitaires, musicales, anthropologiques, politiques, essentialistes, fermées à toute évolution, ou au contraire ouvertes, anglocentristes, des distinctions entre musiques savantes ou instinctives, la volonté de s’émanciper de l’influence européenne, des rivalités entre chercheurs et collecteurs de musique sur le terrain, des différences de méthodes, des partis pris (jusqu’au refus de certains de prendre en compte les musiques « primitives » des amérindiens et des populations noires), ont rendu cette histoire très complexe. Ce qui était en jeu était non seulement la définition d’une musique folk américaine mais aussi la définition même de l’américanité.
Les passages concernant le blues alimenteront le débat sur l’influence de certains chercheurs et spécialistes de l’époque sur la construction de la musique blues et de son image.
Camille Moreddu rend tout cela compréhensible à travers un récit dense et captivant, avec en fil rouge le parcours de la collectrice Sidney Robertson, qui n’a pas hésité à bousculer les codes et les hommes qui tentaient de dominer le domaine.
Une lecture dont on sort éclairé.
Christophe Mourot
ISBN 978-2-14-030165-0