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Chroniques / 28.09.2026

Faye Carol, Faye Sings The Blues

Note : ★★★★

Genre : blues

Label : Getdown Records

Née à Meridian dans le Mississippi, Faye Carol a grandi sur les bancs de l’église en s’imprégnant de chants religieux. Relocalisée dans la Baie de San Francisco, elle fait ses débuts dans la première partie des années 60 au sein du groupe de gospel The Angelaires. Elle s’est imposée au fil des décennies comme une figure marquante de la scène locale, principalement sur scène, se distinguant par sa volonté d’indépendance (en association avec feu son mari Jim Gamble) et son éclectisme, naviguant avec aisance du blues au jazz en passant par le funk et le R&B. Faye Carol est également reconnue pour son engagement pédagogique et communautaire. Elle a fondé plusieurs structures d’apprentissage musical (comme la School of The Getdown) et servi de mentor à de nombreuses générations d’artistes, notamment la chanteuse Ledisi.

Il est réjouissant d’observer que les années ne freinent en rien son envie d’entreprendre. Ce nouvel opus, qui s’inscrit dans la célébration de ses soixante ans de carrière, en témoigne. Il s’agit en effet du deuxième volume d’une série de quatre doubles albums qu’elle s’est engagée à publier sur une période de 12 mois, faisant suite à ″Forever Dynamic″ sorti au printemps 2026 !

Le set a été enregistré dans des conditions proches du live au studio 25th Street Recording (Oakland), au cœur de cette Bay Area chère à son cœur où elle a bâti toute sa carrière. Toujours aussi éprise de liberté, elle en a assuré la direction artistique complète, ayant confié à son fidèle collaborateur Joe Warner la responsabilité des arrangements. Cerise sur le gâteau d’anniversaire : le disque comprend une douzaine d’invités de premier plan qui contribuent activement au succès artistique et, souhaitons-le, commercial de cet impressionnant recueil.

Si la voix de Faye n’a plus la puissance d’antan, son professionnalisme, son énergie et le plaisir qui transpirent à chacune de ses interventions suscitent sans réserve l’adhésion, sans parler de la qualité de son groupe et de ses orchestrations, somptueuses de finesse et de générosité (une section de cuivres complète).

Parmi les 20 titres publiés ici, des relectures de classiques du blues et du jazz parsemées de compositions originales, on retiendra en particulier Let the Good Times Roll, avec un Taj Mahal bien en verve ; Driving Wheel, transpercé par l’exceptionnel chorus du ténor Gerald Albright ; Payin’ the cost to be the boss et Chill with you, illuminés par les licks de guitare du trop rare Jubu Smith ; la relecture pleine d’élégance du standard Blow top blues, popularisé par Dinah Washington et illuminé ici par le trombone de Wycliffe Gordon ; la rugueuse Black nights, avec un Eric Gales vibrionnant en embuscade ; ou le très funky Never make your move too soon, tout piano dehors et piqué au vif par la pedal steel de Robert Randolph. Et que dire des presque sept minutes de The way you do the things you do, chantée le sourire aux lèvres et portée par d’irrésistibles solos de trompette, de trombone et de contrebasse ? Impossible de l’écouter en restant assis !

Ulrick Parfum

Sortie : 21 août 2026