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Chroniques / 24.08.2026

Son Little, City Folks

Note : ★★★★

Genre : r&b, soul, folk, blues

Label : Anti-

Enregistré à Muscle Shoals, ville emblématique pour avoir capturé certaines des plus belles voix soul et personnalités investies pour les droits civiques des 60’s, ce nouvel album de Son Little, “Cityfolk”, porte les vestiges de ce temps révolu.

Révolu ? Pas tant que ça, à en écouter les paroles engagées, instruments chevronnés et voix profondément habitée de cet originaire de Los Angeles.

Ses onze compositions viennent parler à la part mélancolique et sensiblement fragile, voire fragilisée, de l’être humain, en abordant des thèmes tels que l’évolution individuelle ou collective, l’utilisation controversée du pouvoir ou encore l’impossible évasion de la précarité (Children Paper).

Les textes sont exprimés avec ce timbre propre à Son Little, entre douceur, timidité et profondeur incarnées, un peu comme si sa voix criait sans vraiment pouvoir ni vouloir le faire. La première écoute du disque déconcerte par son atmosphère grave. La seconde ravive et pousse à l’inspection appuyée de ce ressenti premier. Sûrement les vibratos répétés de Son Little y sont-ils pour quelque chose.

Humble et talentueux multi-instrumentiste, Little s’est, malgré cette capacité d’indépendance créative, entouré du pianiste des Alabama Shakes, Ben Tanner. La guitare sèche ou électrique est couplée à des sonorités beaucoup plus originales du mellotron, du pianet ou encore du clavinet. Tous ces assemblages sont sobrement (pour ne pas dire « sombrement ») riches, complets et recherchés.

Ils permettent un enchaînement de balades r&b au fond folk-rock. Seule The Valley sort du lot en apportant à l’album une touche soul blues bienvenue et harmonieuse.

En résumé, un disque sensé et sensible, touchant et émouvant auquel on peut vite s’attacher. À l’image, semble t-il, de son compositeur.

Adeline Ruetsch

Sortie : 20 mars 2026