Jill Scott, To Whom This May Concern
20.08.2026
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Note : ★★★★
Genre : blues
Label : Many Hats Records
Grâce à Greg Izor, on découvre l’harmoniciste chanteur Michael Rubin. Le disque commence par un blues ancien, banjo et instruments à vent, puis arrive l’instrumental Doo doo daa où on se dit que Deford Bailey a viré rockabilly avec contrebasse slappée. Il y a là un grain de folie, de ceux qui rendent un disque intéressant.
La suite le confirme avec du blues en rumba, boogie ou shuffle, mélangé à de la country, du jazz, sur des rythmes bringuebalants, des vocaux désabusés, roublards, menaçants, un univers qui pourrait rappeler Tom Waits. Michael chante d’une voix de baryton avec un vibrato à la Neil Young et raconte des histoires où tout arrive.
Exemples : avec des « si », la vie peut changer, et, je dois inclure cette citation : « si j’avais des cheveux, j’aurais toutes les filles » (Big if). Un alien débarque sur terre et découvre la chaise qu’il veut aussitôt importer sur sa planète (Alien in a chair). Expliquer les techniques d’harmonica à une femme ne mène à rien (5 minutes of passion). On ne peut pas creuser un fossé si on ne sait pas comment faire, surtout si on tient la pelle à l’envers ; double-entendre très probable (Dig a ditch). La gravité n’est pas pour moi, rester collé au sol n’est pas mon truc (Gravity). Il faut faire la sieste (Nap). La propagande est dans les mains des gens et inversement (Propaganda). Je suis rancunier, pas de pardon ni d’oubli ; tu pourrais deviner qu’en jouant de l’harmonica, je tomberais sur toi dans ma tête (Grudge).
Au diatonique ou au chromatique, le son de Michael est plein, juste, délié. Greg Izor envoie aussi du gros son chromatique sur Propaganda. Les trois guitaristes, Josh Fulero, Cesar Crespo et Matthew Smith distillent de beaux solos.
Il m’a suffi cet été d’entendre Greg et Cesar parler de Michael pour comprendre qu’il allait entrer dans mon univers pour un moment.
Christophe Mourot
Sortie : 21 août 2026