Martha Reeves, nouveau disque le 14 août !
08.07.2026
;
Jusqu’à ce qu’une sorte de miracle se produise en 2023. Au fond d’une cave du 16e arrondissement, le producteur Laurent Poudroux a retrouvé les rushes du film tourné lors du festival Riviera ’76 au Castellet (83), sur le circuit Paul Ricard. Un festival qui se rêvait le Woodstock français, avec, comme à Woodstock, Michael Lang aux commandes. Et qui se révéla être d’abord un naufrage, ne mobilisant que 25 000 spectateurs sur les 100 000 attendus, puis un cauchemar avec l’entrée en scène de la mafia varoise !
Comme à Woodstock un film devait rendre compte de l’événement. Il ne fut jamais monté. Sur les 153 bobines, certaines en piteux état, dormaient les prestations d’Airto Moreira, Eddie Palmieri, Joe Cocker (avec Eric Gale), Magma, Gil Scott-Heron, mais aussi celle de Betty Davis. Pour surprenante qu’elle paraisse, sa présence au Castellet s’explique sans doute par le fait que Michael Lang était aussi le promoteur du label Just Sunshine sur lequel parurent les brûlots de l’éphémère épouse de Miles Davis.
Les quelques cinq minutes de son show contenues dans le documentaire de Christophe Duchiron témoignent de l’incroyable énergie et l’audace décomplexée que Betty Davis dégageait sur scène. Plus désinhibée encore que Tina Turner ou Millie Jackson. Du funk de haute volée, servi par des musiciens en phase.
Outre les séquences consacrées à Betty Davis et Gil Scott-Heron, qui nous touchent particulièrement, on apprécie le film dans sa globalité, tant pour l’évocation scrupuleuse de ce ratage d’anthologie que pour les autres extraits musicaux, témoins de l’effervescence d’une époque. Et ces cinq minutes d’une Betty Davis tirée du l’oubli nous font espérer voir un jour la totalité de sa prestation. 50 minutes dit-on.
Jacques Périn
Riviera 76, le Woodstock oublié, un film de Christophe Duchiron (60 minutes), à voir sur france.tv.
Un hommage à Betty Davis a été rendu par Fréféric Adrian en 2022 sur notre site.
