;
Chroniques / 12.06.2026

Gabe Stillman, What Happens Next

Originaire de Williamsport, en Pennsylvanie, passé par l’école de musique de Berklee à Boston et révélé lors de l’International Blues Challenge de 2019, Gabe Stillman appartient à cette jeune génération qui n’envisage pas le blues de façon muséale. Du respect, mais sans la poussière qui va autour. Plutôt un langage personnel et contemporain. Pour ce deuxième album, il s’est entouré d’Anson Funderburgh à la production. Le résultat séduit par sa cohésion et sa tenue. On a beaucoup vanté son jeu de guitare, à raison. Mais c’est l’équilibre d’ensemble qui retient d’abord l’attention. Le chant est souple, bien timbré, jamais forcé. La guitare est précise, nerveuse, au service des morceaux. Et l’écriture fait mouche.

Le titre d’ouverture donne le ton. The man I’m supposed to be et Someone in my mirror apportent confirmation. Stillman y dessine un blues contemporain plus tourné vers le doute, l’identité et l’ajustement à soi que vers les postures convenues. Ses paroles ne recyclent pas de clichés. Elles cherchent une voix. Au propre comme au figuré.

L’album séduit aussi par sa sobriété. Stillman a du mordant, mais il ne confond jamais tension et surcharge. Ses interventions sont courtes, lisibles, bien amenées. Son phrasé doit autant au blues texan qu’à une culture soul large et organique. Autour de lui, le groupe joue serré, sans lourdeur. L’apport d’Anson Funderburgh sur Shame shame et celui de Mark “Kaz” Kazanoff sur le morceau final Gentle on my mind élargissent encore la palette. On ne saurait mieux dire que Toronzo Cannon, cité dans l’article de presse : « Gabe Stillman has got the chops and the intensity the blues should have ». ″What Happens Next″ est un album solide, varié, sans artifice inutile. Le blues rock s’y ouvre à la soul, au shuffle et à quelques détours rhythm and blues avec une vraie maturité.

Ulrick Parfum

Note : ★★★ ½

Genre : Blues rock, soul blues

Label : Gulf Coast Records

Sortie : 27 mars 2026