St. Paul & The Broken Bones, Live At Southern Grooves
21.09.2026
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Note : ★★★
Genre : Rock/Soul symphonique
Label : Provogue
Ambitieuse et exigeante, la carrière discographique de Warren Haynes s’enrichit avec « Dreams & Songs » d’un nouvel opus enregistré en public après les réussites que furent « Live at Bonaroo » (2004) et, surtout, l’excellent et soulful « Live at Moody Theatre » paru en 2012.
Tiré d’un concert exceptionnel donné en 2019 au Thomas Wolfe Auditorium d’Asheville, la ville natale de Haynes, en compagnie de son groupe et des 64 musiciens de l’Asheville Symphony Orchestra, ce live témoigne d’un degré d’excellence musicale hors norme. Toutefois, quand on connaît le goût de Haynes et de ses acolytes pour les phases improvisées, il y a de quoi s’étonner de prime abord de les voir se frotter à un orchestre symphonique, formation par nature peu maniable et assez inadaptée aux longues digressions. L’intelligence de Haynes et des arrangeurs est d’avoir ici pensé l’orchestre comme un partenaire de jeu qui accompagne, répond, crée des tensions et nourrit les longues plages d’improvisation caractéristiques du guitariste. Haynes le confie d’ailleurs : maintenir cette liberté tout en restant en dialogue avec l’orchestre constituait l’un des grands défis du projet.
Le programme prend la forme d’une autobiographie musicale dans laquelle on retrouve des titres issus des répertoires de Gov’t Mule (Banks of the deep end, Thorazine shuffle et Instrumental illness), des Allman Brothers (Dreams, Whipping post), du Grateful Dead (Terrapin station et son final grandiose, Shakedown street), sans oublier des incontournables de sa carrière solo comme One emprunté à U2 ou Raven black night. Sans surprise, quand on connaît le perfectionnisme de Haynes, l’ensemble est impressionnant de maîtrise mais l’alignement de morceaux (très) longs (sept titres sur seize dépassent allégrement les huit minutes !) et le côté parfois pompeux finissent par rendre l’écoute réellement fastidieuse.
Vous l’aurez compris, on cherche en vain la viscéralité même si les moments forts ne manquent pas. Une performance qui impose évidemment le respect à défaut de véritablement séduire et qu’il conviendra sans aucun doute de réserver en priorité aux fans invétérés.
Nicolas Deshayes
Sortie : 18 septembre 2026