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Chroniques / 15.09.2026

Pokey Lafarge, Rent Money

Note : ★★★★

Genre : blues, swing

Label : Boxer Boy Records

Une pièce dans le juke-box et le nouvel album de Pokey Lafarge, « Rent Money », est lancé. Imaginez-vous assis(e) à une table d’un juke-joint ou d’un restaurant aux États-Unis dans les années 60 avec, en fond, une suite de mélodies talentueusement jouées à la Jazzmaster. Cette guitare que Pokey Lafarge arbore sur la pochette de l’album, porte solidement l’ensemble du disque, au son assez classique d’un blues rétro plaisant et qualitatif à entendre.

Les morceaux s’enchaînent et mettent en exergue la voix éraillée, voire traînante et désabusée, de ce chanteur n’ayant pas toujours vécu des jours heureux et ayant eu besoin d’un retour à la terre pour mieux retrouver sens à l’existence. Les paroles imagent concrètement ce détachement matériel de Pokey Lafarge : comparaison entre « l’avoir » et “l’être », l’argent que l’on gagne via le fruit d’un labeur quotidien profitable à notre loyer plutôt qu’à notre âme ou encore tout ce que nous n’emporterons pas une fois parti(e)s (Can’t take with you). Les vocations musicale et spirituelle de Pokey Lafarge sont résumées ici et ainsi, ce qui donne son sens à la découverte et l’écoute de cet opus.

Le disque, à forte teneur blues, fait également swinguer, sautiller et se déhancher mais, à écouter Work, Told you ou encore Rent money, Pokey Lafarge n’a pas non plus oublié ses émois pour les musiques cubaines et reggae. Par ailleurs, les envolées de piano ajoutent un petit plus rock’n’roll qui ne fait pas défaut, bien au contraire (Hambone, Stranger).

C’est pour toutes ces raisons que cet artiste et cet album sont appréciables : ils mêlent limpidement le blues à des influences éclectiques glanées çà et là sur le chemin de son compositeur.

Adeline Ruetsch

Sortie : 11 septembre 2026