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Chroniques / 08.10.2026

Miss Robin Banks, Lost In Austin

Note : ★★★★

Genre : blues, Americana

Label : Dallas Blues Society

‘’Mademoiselle’’ Robin Banks, canadienne d’origine, a vécu pendant sept ans à Dallas où elle était un(e) des piliers de la scène locale au point d’avoir dans son groupe pendant deux ans Johnny Moeller à la guitare et son frère Jay à la batterie. Une nostalgie certaine de cette époque l’a vue revenir récemment en visite à Austin où une session d’enregistrement impromptue au Alnico Recording Studio de l’ami Nico Leophonte lui a permis de renouer avec les musiciens texans. On retrouve donc autour d’elle Johnny Moeller, guitare, Jay Moeller, batterie et Drew Allain à la basse.

En deux jours, huit compositions originales et deux reprises, dont le Cold, cold feeling de Albert Collins, ont été enregistrées. De retour au Canada, la chanteuse réalise qu’elle a un album potentiel et petit coup de pouce du destin, Scott Ferris de la Dallas Blues Society lui propose de sortir le disque pour de bon !

Celui-ci démarre entre Memphis et Shreveport avec le soulful Not Today, puis bascule dans un groove louisianais pour Supersonic rocket ship avec un shuffle digne des productions locales de la grande époque et un bel hommage de Steve Marriner aux souffleurs d’harmo de chez Excello. It’s my time, c’est le son 100% Austin des 80’s, vocaux inspiré par Angela Strehli ou Lou Ann Barton et guitare de Johnny Moeller qui serpente avec goût au travers du morceau. Americana, soul sudiste, blues louisianais ou texan se croisent au fil de l’album avec réussite. L’expérience acquise il y a vingt ans donne à la chanteuse la légitimité nécessaire pour se confronter à un tel répertoire.

Et puis vient le Cold cold feeling d’Albert Collins dans une version tout en retenue avec la guitare de Johnny Moeller soutenue par l’orgue de Bruce Bears, titre qui est prolongé naturellement par celui de clôture Talk dirty to ya, juste légèrement funky et toujours cette guitare, juste et lumineuse.

Un album bien agréable qui s’écoute et se réécoute, un tantinet nostalgique mais tellement intemporel !

Eric Heintz

Sortie : 1er juillet 2026