Oscar McLollie, Honey Jumpin’ 1953-1960
16.07.2026
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Note : ★★★★
Label : Little Village
Genre : Jazz, blues, funk
Avouons d’entrée notre manque d’objectivité : nous entretenons un très gros faible pour chacun des projets dans lesquels Charlie Hunter, le génial guitariste hybride californien, est impliqué. Nous avons également le plus grand respect pour Little Village, formidable label à but non lucratif piloté par Jim Pugh et dont la qualité éditoriale, la richesse du catalogue et l’ouverture d’esprit nous enchantent depuis sa création en 2015. Alors quand arrive dans notre boîte le deuxième album de Lo Steele, on ressent forcément un a priori positif… Immédiatement suivi de soulagement lorsque l’on comprend, dès les premières secondes, que nos espoirs ne seront pas déçus.
Originaire de Portland dans l’Oregon, ayant vécu toute sa (jeune ; elle n’a que 26 ans) vie dans un environnement baigné de musique (sa mère n’est autre que LaRhonda Steele, la ″First Lady Of Portland Blues″, artiste dans l’âme (elle est aussi comédienne), Lo Steele propose neuf chansons originales qui témoignent d’une personnalité déjà bien affirmée. Sa voix, élégante et posée, son timbre, naviguant entre grave et médium, son agilité rythmique, son lyrisme maitrisé et son élocution impeccable mettent en valeur ses textes qui constituent l’un des grands points forts du disque. Lo Steele est une autrice au sens littéral du terme, et nombre de ses vers mériteraient d’être cités, à l’image de celui dont est tiré le titre du recueil : ″Though I’m only a drop in the ocean of history, my song will live on in whoever is listening″ (Freedom song). Ailleurs, dans Just say you want me : ″Now that I have faded and anticipated, I want to crawl back right into your view. I turned myself red while looking for blue″. Une langue de poète et de protest-woman (″If you want everything you say, you’ve got to take a step″, sur Step out on faith), confortablement lovée dans un environnement musical de toute beauté, fondamentalement jazz mais pimenté de saveurs blues, funk (le groove juteux de Stockholm) et gospel.
L’ambiance est intimiste et, comme à son habitude, Charlie Hunter, également producteur et seulement soutenu par le batteur Marcus Finnie et, par endroits, la violoniste Elleon Dobias et les chœurs de LaRhonda et Sarah Steele, assure au même moment lignes de basse, accords et chorus impressionnistes. Initialement prévues pour être retravaillées, les prises retenues n’ont fait l’objet d’aucun editing, conférant à cet album remarquable une dimension live, organique et directe, qui réhausse encore davantage ses nombreuses qualités. Une belle découverte.
Ulrick Parfum
Sortie : 13 mars 2026