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Live report / 18.02.2019

Lisa Simone

Autrefois fief des usines automobiles Renault, l’île Seguin est devenue un pôle musical de premier ordre avec trois lieux voués au spectacle. Outre le club Nubia tenu par le bassiste camerounais Richard Bona, on y trouve une “Seine Musicale” de 6 000 places et un “Auditorium” circulaire couvert de boiseries aux tons chauds procurant un agréable sentiment d’intimité visuelle malgré une jauge de 1 000 places. Il accueillait ce soir-là la chanteuse Lisa Simone soutenue par ses fidèles et très efficaces accompagnateurs habituels : le guitariste sénégalais Hervé Samb qui fait aussi office de directeur musical, le bassiste new-yorkais Reggie Washington et le batteur-percussionniste guadeloupéen Sonny Troupé.

Souriante et généreuse, sa gracieuse gestuelle a quelque chose d’asiatique (à la Bali Barong), son costume de scène évoquant d’ailleurs (un peu) l’Indonésie. Elle a ravi un public manifestement conquis qui a fait un triomphe à un répertoire sans grande surprise : une demi-douzaine de titres tirés de son album “My World” de 2016, un hommage à son inoubliable maman Nina Simone à travers quatre chansons qu’elle rendit célèbres (Ain’t got no – I got lifeIf you knew, le Suzanne de Leonard Cohen et le Work song écrit par Cannonball Aderley) et, enfin, seulement trois nouveaux titres (en mode up tempo et plutôt réussis) de son CD à venir chez Warner Music.

Hervé Samb

Reggie Washington

Sonny Troupé

On peut toutefois regretter que Lisa Simone, dont les qualités vocales sont incontestables, aborde trop de genres différents au long de son tour de chant, passant par le jazz, le blues, le gospel ou la pop, ce qui masque un peu sa véritable personnalité.

Jean-Pierre Bruneau
Photos © Frédéric Ragot