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Live report / 08.12.2017

Lee Fields & the Expressions

Ça commence par un instrumental pêchu des Expressions sous des lumières tamisées et on a l’impression qu’une légère brume s'empare de la scène avant que Lee Fields arrive vêtu d’une éclatante veste rouge et d’un aplomb digne des soulmen les plus acharnés. Il s’agit d’une date de fin de tournée et la chanson Coming home ouvre véritablement le bal avec justesse, le bassiste et le guitariste assurent aussi les chœurs, proprement. Bien décider à réchauffer ce public un peu (trop) sage d’un dimanche soir de novembre, le chanteur et ses musiciens enchaînent sur le très engageant You’re making me want to runaway et invitent l’audience à un handclap fédérateur. Puisqu'il faut savoir enchaîner entre temps forts et parties plus intimistes, Work to do est parfait pour la suite, Lee Fields n’étant pas le dernier quand il s’agit de faire mouche avec une ballade de belle tenue.

 

 

 

Lee Fields un dimanche à Toulouse : oui, c’est une soirée exceptionnelle, et pour l’occasion, le tendre et généreux Special night s’augmente d’un solo de guitare saturée qui vient apporter encore plus d’exaltation et de couleurs à cette pièce déjà fort réussie dans sa version studio. « J’aime bien aller au casino avec de l’argent en poche, nous raconte-t-il, mais à chaque fois que j’y vais, je finis par perdre. Alors j’ai écrit une chanson à ce sujet. » On navigue à haute altitude avec Just can’t win. Let him back illustre quant à elle toute la ferveur d’un héritage gospel.

 


Michael Buckley 

 


Jason Colby

 


Evan Pazner 

 


Jason Colby, Michael Buckley, Toby Pazner, Evan Pazner, Lee Fields, Silver Jacob, Vincent d’Annunzio  

 

Le public est-il prêt à vibrer au rythme de Don’t walk ? « Do you think these good looking people got soul? », demande Fields à ses musiciens. Si le premier acquiesce, le suivant est moins indulgent : « Je ne sais pas, il va falloir qu'ils le prouvent. » Et Fields d'arpenter toute la largeur de la scène pour faire participer un maximum de monde. Ce beau concert est aussi le moment idéal pour découvrir un nouveau single : Time, excellente deep soul, musclée et tendue.

 

 

 

Le monde semble déjà un peu meilleur, mais le travail n’est pas terminé et Make the world better va donner lieu de nouveau à un claquement de mains général de la part d'un public bien plus impliqué qu’en début de set. Solo de sax qui vire sur du James Brown et Lee Fields qui harangue la foule sur un break de batterie, on touche au sommet ! Le puissant Faithful man retentit ; le chanteur, en parfaite maîtrise de son art, pousse sa voix dans les extrêmes. On remonte un peu plus loin encore dans le répertoire pour le rappel : Honey dove. Lee Fields a tombé la veste et chante l’âme nue, enfiévré, déchaîné. L’espace d’un concert, le temps semblait suspendu. Une parenthèse enchantée.

Hugues Marly
Photos © Sébastien Souris Thibert