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Live report / 08.02.2019

Ella Mai

Pourquoi remanier la tracklist qu’on s’est embêté à faire pour son premier album ? Ella Mai, 24 ans et longue crinière au vent, joue donc ce soir son tout récent “Ella Mai” par le menu. Basique. Efficace. Du R&B bien dodu porté par une jeune Britannique qui met son abattage au service d’un répertoire personnel pimenté et séduisant. Reste que son show très “américain”, avec son batteur-cogneur et ses bouts de vidéos sur grand écran, n’a pas prévu grand-chose pour rompre son déroulé balisé. Dommage, car on sent la salle pleine et conquise d’avance (paroles chantées tout du long) prête à s’enflammer, quand par exemple sur Gut feeling la paire de choristes se partage le passage chanté en studio par H.E.R.

Plus tôt, pour les deux autres duos du disque, Ella Mai avait choisi l’option un peu plate un peu facile de laisser entendre Chris Brown et John Legend via l’ordi… Le petit groupe (doté d’un tandem de claviers, dont un bassiste) fait le job avec sérieux (sauf un gros loupé au moment de lancer le premier titre) mais, à l’image de sa patronne appliquée, se montre prisonnier d’un carcan imposé et minuté. Ce qui n’empêche pas le YoYo de vibrer quand retentit l’énorme basse de Dangerous, la pulsation clapée de Sauce, la langueur torride de Own it et les très attendus et imparables Boo’d up et Trip (ce dernier relégué en conclusion évidente, seule entorse au séquençage de l’album avec un Naked en lieu et place de Easy). Mais au terme d’une petite heure sans grande vague, on se dit que ce chouette répertoire mériterait de sortir de ses gonds bien huilés.

Nicolas Teurnier
Photos © Fouadoulicous