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Chroniques / 02.10.2026

Earl Palmer, In Session

Note : ★★★★

Genre : R&B, R&R, pop

Label : Jasmine

L’importance d’Earl Palmer dans la musique populaire américaine, à partir des années 40, est indéniable. Son jeu de batterie, empreint du fameux « backbeat » (accentuation des temps faibles 2 et 4), structure, enrichit, illumine, des centaines de disques, certains que même lui peine à rattraper, mais une majorité de hits et de morceaux marquants. Il est un pilier du son de La Nouvelle-Orléans dans les années 50 puis d’un répertoire plus large à partir de la côte ouest où il s’établit en 1957.

Jasmine propose ce qui ne peut être qu’un aperçu de sa production de 1950 à 1962. Sont évidemment présents Fats Domino, Smiley Lewis, Lloyd Price, Larry Williams, Shirley & Lee, Bobby Day, et d’autres dont on n’avait jamais vraiment réalisé que Earl était derrière eux : Bob Luman, Ricky Nelson, Johnny Otis, Ritchie Valens, Eddie Cochran, Barbara Dane, Sam Cooke, Duane Eddy.

Earl considérait tout ça comme « son travail », lui qui préférait le jazz à tout autre style. A partir des années 60, sa batterie est parfois inaudible au milieu des orchestrations pop avec cordes et chœurs, comme avec Danté & the Evergreens, Bobby Vee ou Dinah Washington. Frank Sinatra n’est pas présent, peut-être pour des problèmes de droits.

En 1999, Ace avait publié un CD consacré à Earl, toujours disponible sur le site du label, et plus centré sur les années 50. Les deux compilations doublonnent peu. Sur le disque Ace, sont présents certains qui manquent chez Jasmine : Big T Tyler, Amos Milburn, Roy Montrell, Jesse James. Mais le filon est tellement grand qu’il convient de profiter de ce que l’on a et sentir monter les frissons d’excitation quand le drumming d’Earl, sa frappe sèche, précise, souvent à la limite des tambours de guerre, pacifiques s’il en existe, nous met automatiquement en mouvement.

Christophe Mourot

Sortie : 10 avril 2026