;
Live report / 11.03.2019

Cedric Burnside + Handsome Jack

Les Nuits de L’Alligator (Part 2)

La Maroquinerie, Paris 20e, le 19 février 2019.

Handsome Jack joue en formation serrée. Bassiste, batteur et chanteur-guitariste de front face au public. Ils délivrent un set de southern rock allégé en solos et enrichi en groove, qui tire davantage du côté de Creedance que de Molly Hatchet. Les titres sont livrés avec brio et urgence, entre incursions soul et hard rock carrément assumé. Les trois comparses prennent d’assaut le public de la Maroquinerie avec méthode. Ce dernier ne semble pas en vouloir au trio de Buffalo.

Joey Verdonselli

 

Ben Hayes

 

Jamison Passuite

Cedric Burnside débarque avec une guitare acoustique et une dégaine qui n’aurait pas dépareillé sur son illustre grand-père R.L. Il annonce qu’il va jouer du Hill Country blues et qu’il n’est pas interdit de danser. Il entreprend ensuite de matraquer sa guimbarde avec un manque de technique et de subtilité tout à fait assumés. Cedric reste un batteur, sa guitare est frappée, avec une économie de moyens impressionnante qui lui donne toute son efficacité. Il plaque son beat et balance la tète d’un côté puis de l’autre avec l’air d’un gamin qui gambade dans les champs.

Cedric Burnside

Après quelques morceaux en solo, Brian Jay vient poser quelques notes de slide. Tout au long du concert, la complicité et la complémentarité des deux musiciens sautent aux yeux. Cedric et Brian forment un tandem symbiotique dans lequel ce dernier est une pièce essentielle. Connu pour son travail avec les Pimps of Joytime, l’homme est bien plus qu’un accompagnateur, aussi bien à la guitare, qu’à la batterie et finalement au chant.

 

Au fil du set, les deux hommes échangent les rôles et Cedric finit derrière les fûts, où il révèle toute sa maestria et sa souplesse. La soirée pourtant n’a pas manqué de beatmakers de talent. La température monte peu à peu et deux rappels s’enchaînent pour culminer sur un Shake ’em on downqui fera date. Cedric a la main ensanglantée mais a l’air heureux. Le public n’en est pas ressorti indemne non plus.

Benoit Gautier
Photos © Frédéric Ragot