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Live reports / 05.11.2009

Alice Russell


Alice Russell © Stella-K

C’est à une Dusty Springfield qui aurait renoncé au glamour que fait penser Alice Russell ! Malgré un son très médiocre, notamment sur les premiers morceaux (une des marques de fabrique du Bataclan, hélas), c’est sa puissance vocale et son énergie qui frappent en premier. Accompagnée de son groupe renforcé pour l’occasion d’une section de cuivre, les Killer Horns, et aidée d’un étonnant choriste-violoniste nommé Mike Simmonds, Russell fait continûment monter la tension le long d’une prestation particulièrement bien construite de presque deux heures dans laquelle se mêlent ses propres titres (Got the hunger?), ceux qu’elle a chanté pour d’autres et quelques reprises bien choisies, au sein desquelles on trouve toujours son enthousiasmante version du 7 nation army des White Stripes. Si la soul est omniprésente dans son chant, elle n’hésite pas à inclure dans son son des éléments électros, funk et même rock bien intégrés.


Mike Simmonds © Stella-K


© Stella-K

Loin des divas en toc si courantes dans la soul, Russell refuse de créer la distance avec son public : après une courte pause de changement de costume, c’est depuis la salle qu’elle remonte sur scène pour rejoindre son orchestre le temps de quelques « mamassa » sur le Wanna be startin’ something de Michael Jackson. Si quelques passages d’humour sont un peu longuets (par exemple lorsque l’orchestre se déguise en joggers pour Dressed to impress), c’est la musique qui reste le cœur de la prestation de celle que l’on peut considérer sans trop d’hésitation comme la meilleure chanteuse soul européenne du moment : sa version dépouillée, toute en nuance, du Crazy emprunté à Gnarls Barkley ne fait que confirmer son exceptionnelle pertinence vocale. Bénéficiant de l’enthousiasme d’un public conquis d’avance pour ce deuxième Bataclan en moins de six mois – pas mal pour une artiste indépendante, ayant monté son propre label ! –, c’est une serviette sur les cheveux, pour second rappel, que l’anti-diva soul de Brighton conclut une soirée très réussie, qui fait espérer que le grand public finisse enfin par s’intéresser à elle…
Frédéric Adrian


© Stella-K


© Stella-K