Brooklyn Funk Essentials, Black Butterfly
25.08.2026
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Note : ★★★
Genre : rock, blues, soul
Label : autopublié
Les vétérans des Sixties tirent peu à peu leur révérence. Raison supplémentaire pour apprécier, avec une pointe de nostalgie anticipée, leurs dernières (ultimes ?) productions, a fortiori quand ils ont encore des choses pertinentes à dire.
C’est le cas d’Alan Gerber, chanteur, claviériste et compositeur américain dont le principal fait d’armes fut d’avoir joué au sein du groupe Rhinoceros, qui publia trois albums chez Elektra à la fin des années 60 (le label des Doors, Love etc…). Doté d’une voix grainée de story-teller matois et d’un entrain qui suinte le plaisir de jouer, son style brasse large, du funk cuivré (Put my heart back together, renforcé des vibrants solos de sax de Dan Martel) au blues-rock viril (The well, son slide rageur, son harmonica saturé) en passant par la country (l’acoustique Homeless, la philosophico-mélancolique Time is my treasure) ou le rock teinté de gospel (Money can’t save you).
Comme Gerber l’indique, son disque est une affaire de famille (″The one you’re born into, and the one you build throughout your life″). La chaleur et la sincérité qui émanent de ses 14 morceaux proviennent donc aussi de la proximité qu’il entretient avec ses musiciens : liens du sang (son fils Eli aux guitares et à la co-production, sa fille Hanah invitée au chant), liens du cœur (son complice d’écriture Rolf Kempf, compagnon durant près d’un demi-siècle, tragiquement décédé avant la sortie du recueil ; l’ex-guitariste de Rhinoceros Danny Weis, présent sur 8 titres) et liens avec son public bien sûr, dont on espère qu’il goûtera à sa juste valeur cette offrande tardive, aussi attachante qu’émouvante.
Ulrick Parfum
sortie : 20 mai 2026