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Chroniques / 04.11.2026

Chris Corcoran Band, The Burner

Note : ★★★★

Genre : blues, R&B

Label : For the Road Records

Armé de sa fidèle guitare Framus Broadway, Chris Corcoran revient nous gratifier cette année d’un quatrième album dont le titre laisse présager qu’une nouvelle vague de chaleur inattendue pourrait bien nous tomber dessus cet automne. La formule n’a pas changé et l’album est composé de 10 titres totalement instrumentaux enregistrés (quasi) live en deux jours aux Pays bas. Simplicité et efficacité.

C’est toujours un pari risqué lorsqu’on joue du blues de présenter un répertoire 100% instrumental. A ce jeu là les instrumentistes les plus virtuoses ne sont pas toujours les plus passionnants et il faut savoir faire preuve de goût et d’inventivité pour garder l’attention de l’auditeur intacte. Chris Corcoran sait tirer son épingle du jeu.

Bien que principalement orienté Jump blues, d’où la présence d’une section à vent qui tient bien sa place, son univers musical explore des territoires assez variés et son jeu de guitare est toujours sobre et inspiré. L’album démarre sur un Get Gone au groove contagieux et enchaine directement avec Soul Control qui enfonce le clou, donnant l’impression que vous êtes revenu en 1969 et que Tom Jones va débouler dans votre salon pour vous faire son grand numéro de danse. Puis la pression retombe un peu et The Burner vous plonge dans une ambiance enfumée, façon néo-noir à la Mike Hammer où John Wayne aurait égaré son cheval.

Sans passer chaque morceau en revue, la force de Corcoran est de savoir mélanger les styles tout en créant une esthétique quasi cinématographique, et c’est probablement ce qui  rend ses albums toujours intéressants. Il évite les pièges faciles des solos qui s’éternisent et sait tenir habilement l’auditeur en haleine. La production de l’album est de qualité et l’équilibre entre vintage et modernité justement dosé.

Le fan de blues traditionnel qui vibre au son de la voix d’Otis Rush ou aux attaques rageuses de bottleneck de Muddy Waters ne trouvera peut être pas son bonheur ici, mais la démarche de Chris Corcoran est sans conteste sincère et à la fois intelligente et mérite d’être saluée.

Anthony Stelmaszack

Sortie : 16 octobre 2026