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Live reports / 12.10.2026

Eli Paperboy Reed, Brooklyn Bowl 25 septembre 2026

En tournée après la parution de son nouvel album, “Getting There”, le soulman originaire du Massachusetts et désormais basé à New York venait le présenter sur la scène du Brooklyn Bowl accompagné d’un groupe au grand complet. Soul Bag y était et vous raconte.

Ouvert en 2009 par le promoteur de concerts et éditeur Peter Shapiro, notamment connu pour son travail avec le Grateful Dead, le Brooklyn Bowl est un lieu pour le moins atypique, mêlant bowling et musique, les pistes jouxtant la scène. Le vacarme des boules fracassant les quilles pendant que les artistes performent ajoute une touche singulière à cette forme d’“entertainment”, finalement très américaine.

Devant un public clairsemé, dû à l’annonce de tempête, la chanteuse Zaniah, qu’on retrouve invitée sur le duo “Love You More” du dernier opus d’Eli, rentre en scène pour un set d’une vingtaine de minutes d’un R&B lumineux avant de conclure sur un hommage à Dolly Parton avec une reprise de “I Will Always Love You”, annonçant la couleur du set suivant d’Eli Paperboy Reed.

Eli rentre en scène, tiré à quatre épingles dans la plus grande tradition soul, costume impeccable et lunettes de soleil, il balance une version gonflée à bloc de Cut Ya Down soutenu par ses 10 musiciens, section de cuivres, orgue B3, choristes inclus. On retrouve Jonny Lam au pedal steel qui joue également sur l’album et les chanteuses Brandi Thompson Ulian ainsi que Cherette White. On aurait adoré que, comme le souligne Eli Paperboy Reed, Swamp Dogg, qui produit et joue sur l’album, soit présent. Cela n’empêche pas Reed d’interpréter à merveille ses chansons : Am I Wasting My Time, Asking For a Friend, Getting There, One Man’s Trash (Is Another Man’s Treasure) ou encore Like We Used et sa pedal steel qui fusionne parfaitement la country et la soul sous perfusion Hi Records. Zaniah revient également sur scène pour interpréter Love You More.

Peu à peu, l’ambiance se réchauffe dans la salle, le groupe est complice, et on sent qu’Eli est ravi d’être là, harangue la foule (“Est-ce que tout le monde s’amuse et apprécie d’être là autant que moi ?”) enchaînant les anecdotes sur la conception des morceaux. Avec émotion, il nous raconte son concert au Grand Ole Opry de Nashville quelques jours auparavant et nous délivre “Somewhere Between” de Merle Haggard, un de ses chanteurs préférés, dans une version qu’on pourrait imaginer chantée par Joe Tex. C’est exactement ce mélange dont il est question avec Eli. Biberonné à la country depuis sa tendre enfance, c’est naturellement qu’il continue ce que Ray Charles, Arthur Alexander, ou encore, tiens donc, Swamp Dogg faisaient dans les années 60, quand la country et la soul étaient deux faces de la même pièce, celle de la musique populaire américaine sans artifices ni supercheries.

Texte et photos : Arthur Chanoine-Degruelle

Eli Paperboy Reed, Brandi Thompson Ulian, Cherette White
Eli Paperboy Reed
Zaniah, Eli Paper Reed