Warren Hayes, Dreams & Songs
22.09.2026
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Note : ★★
Label : Delmark
Genre : Rock-blues
Né au milieu des années 1990 dans la banlieue sud de Chicago, Jamiah Rogers appartient à cette génération de musiciens qui ont grandi avec le blues local sans se sentir tenus d’en respecter les règles. Guitariste, chanteur et auteur-compositeur, il s’est fait remarquer sur la scène de Chicago par son approche musclée, électrique, nourrie de blues-rock, de funk et de hard rock, avant de rejoindre l’écurie Delmark avec ce ″Chicago Cowboy: South Side Stories″, enregistré avec le groupe Dirty Chxrch autour d’une formule resserrée : Rogers au chant et à la guitare, Isaiah “Zay” Horne à la basse, Tyvon “Tank” Rice à la batterie, plus Larry Williams à la basse sur un titre et Amyna Love invitée sur I know you gotta go.
Le disque aligne dix compositions originales, auxquelles s’ajoutent deux bonus blues, Leave my little girl alone et Tell me what I say, dans l’intention manifeste de raconter un South Side contemporain, bruyant, frontal, moins patrimonial qu’instinctif. Sur le papier, l’affaire paraissait séduisante : un jeune musicien de Chicago, une maison historique, un power trio lancé à pleine vitesse, la promesse d’un blues qui refuse le musée. À l’arrivée, ″Chicago Cowboy″ donne surtout l’impression d’un disque en roue libre, brouillon dans sa forme, emphatique dans ses effets et trop rarement capable de transformer son énergie en chansons solides. Les morceaux accumulent riffs, breaks, montées d’adrénaline, changements d’ambiance — blues, funk, rock dur, parfois presque soul-rock — mais cette volonté de tout embrasser finit par disperser le propos et épuiser l’auditeur. Les solos de guitare, nombreux, longs, saturés, virent à la démonstration bruitiste. Le chant n’arrange rien : forcé, caricatural, comme laissé hors contrôle, il semble plus occupé à incarner une posture qu’à habiter les textes.
Quant à l’orchestration en power trio, elle a beau bénéficier de musiciens techniquement solides, elle sonne creux et vaine, comme si la puissance cherchait à masquer la faiblesse du songwriting. Il faut reconnaître au groupe son implication, sa volonté de varier les climats et à jouer serré quand le matériau le permet. Certains passages plus maîtrisés laissent entrevoir ce qu’aurait pu être un album plus discipliné, mieux produit. La prochaine fois ?
Ulrick Parfum
Sortie : 18 septembre 2026