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Non classé / 31.07.2026

Cecile McLorin Salvant, With Every Breath I Take

Note : ★★★★

Genre : jazz

Label : Nonesuch Records

Nombre de vocalistes de jazz ont, parfois au grand dam de leurs fans, enregistré avec des cordes. Citons dans le genre les faces Musicraft, Columbia et Roulette de Sarah Vaughan, l’album d’Helen Merrill intitulé « Helen Merrill With Strings » chez Emarcy et les fameux duos Mercury de Dinah Washington avec Brook Benton. L’entreprise n’est pas sans risques car certains n’ont pas résisté à la tentation de s’appuyer sur le confort moelleux des cordes pour livrer un produit à forte connotation commerciale bien loin de leurs meilleures performances.

Cécile McLorin Salvant a évité les difficultés inhérentes au procédé en signant un message dont la sincérité artistique ne fait aucun doute. S’appuyant sur la précision de son phrasé, son sens de la note juste, une diction immaculée et une science remarquable de l’interprétation, elle développe une ligne vocale qui révèle les splendeurs cachées d’une mélodie et la force des mots. Relevant d’un choix délibéré, chaque titre est porteur d’un climat spécifique bien rendu par les arrangements de Darcy James Argue distillés par le Metropole Orkest de Jules Buckley, toujours en phase avec le chant de Cécile.

Ceci est apparent dans With every breath I take, la composition de Cy Coleman, empruntée à la comédie musicale City of Angels crée à Broadway en 1989, qui donne le ton général de l’album. La même maîtrise des tempos lents se manifeste dans Sophisticated lady, le chef d’œuvre de Duke Ellington, Send in the clowns, la composition de Stephen Sondheim, et Ever since the one I love’s been gone du pianiste et chef d’orchestre Buddy Johnson dont Arthur Prysock laissera une version fameuse. Une incontestable performance vocale.

Alain Tomas

Sortie : 26 juin 2026