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Chroniques / 11.07.2025

Tami Neilson, Neon Cowgirl

La grande dame n’en a pas fini de régler ses comptes avec Nashville. Après un album de reprises de ­Willie Nelson (“Neilson Sings Nelson” en septembre 2024), voici un album qui tente de présenter ce que serait la country passée à la moulinette ­Neilson. L’ouverture, Foolish heart, toutes cordes dehors, est carrément orbisonnienne. Les carreaux de fenêtre vibrent dangereusement, mais ne se fêlent pas. Faites attention quand même, parce que ce n’est pas la dernière fois que la dame poussera sa voix. Le ton est donné : l’album sera à la fois pop et country, mais dans un sens complètement opposé à ce que produit Nashville.

Après une rando sur Salvation mountain menée tambour battant, on débouche sur le panneau de la cowgirl en néon qui donne son nom à l’album. Une mélodie ouverte plongée dans une sonorité néo-countrypolitaine, chargée de chœurs et de cordes. Borrow my boots, hymne à la sororité sur un beat funky agrémenté de banjo, est particulièrement efficace. Dans un registre comparable, une des plus belles réussites de l’album est Love someone qui applique une guitare fogertyesque sur un beat rocksteady, produisant une combinaison inédite du plus bel effet. Heartbreak city, USA est une nouvelle bombe lâchée sur Nashville, le sourire aux lèvres.

Tout ceci n’est qu’une préparation avant la véritable offensive constituée par Loneliness of love, où Neilson chante la solitude d’une mère dont les enfants ont quitté le nid avec la douceur d’une lame qui s’enfonce délicatement dans nos entrailles. L’album se referme sur One less heart, une nouvelle orbisonnerie bien larmoyante, au cas où il vous resterait quelques gouttes à extraire de vos globes oculaires. 

Benoit Gautier

Note : ★★★★
Label : Outside Music
Sortie : 11 juillet 2025