Sly Stone (1943-2025)
10.06.2025
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Bien qu’elle ait essentiellement vécu en Europe à partir des années 1980, la musique de Lillian Boutté n’avait jamais perdu son lien avec La Nouvelle-Orléans, sa ville natale, dont elle avait été désignée “Musical Ambassador” par le maire Ernest “Dutch” Morial, un poste dont elle était la deuxième titulaire après Louis Armstrong.
Née dans une famille musicale – son frère est le chanteur John Boutté, sa nièce la chanteuse Tricia “Teedy” Boutté –, elle est découverte par Allen Toussaint, qui ne tarde pas à l’employer comme choriste sur ses productions. Elle passe ensuite quatre ans, entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, au sein du casting de la comédie musicale One Mo’ Time qui se produit à La Nouvelle-Orléans et tourne dans tous les États-Unis et en Europe. C’est en Europe qu’elle lance sa carrière personnelle avec une série d’albums enregistrés avec des musiciens locaux, au premier rang desquels le clarinettiste et saxophoniste Thomas L’Etienne, qu’elle épouse.
Si elle retourne régulièrement à La Nouvelle-Orléans, notamment pour le Jazz Fest, c’est en Europe qu’elle passe la plupart de son temps pendant trois décennies, à partir du milieu des années 1980, enregistrant régulièrement dans un registre jazz et gospel, mais aussi, plus occasionnellement, R&B (l’album de 1991 “Lipstick Traces – A New Orleans R&B Session” avec le pianiste allemand Christian Willisohn, gravé à La Nouvelle-Orléans avec notamment Smokey Johnson et Erving Charles Jr.). En 1994, c’est Dr John qui l’accompagne sur plusieurs titres de “The Jazz Book”. Elle se produit régulièrement dans les clubs et festivals de toute l’Europe, y compris en France où elle est souvent accompagnée des Gigolos ou d’autres ensembles jazz. En 2015, elle se produit ainsi à Jazz à Vienne puis au Duc des Lombards en fin d’année. De graves problèmes de santé la conduisent à mettre fin à sa carrière peu de temps après, et c’est à La Nouvelle-Orléans qu’elle était retournée vivre ses dernières années.
Photo © Brigitte Charvolin
S’il avait choisi le blues ou le rock ‘n’ roll, le guitariste et chanteur JoJo Wallace serait sans doute loué comme un des grands pionniers de l’instrument, mais c’est au gospel et aux Sensationnal Nightingales, qu’il a rejoints au début des années 1950 et qu’il n’a jamais quittés, qu’allait sa fidélité.
Né en Caroline du Nord, Joseph Wallace grandit à Philadelphie, et c’est là que débute sa carrière musicale, d’abord au sein des Heavenly Gospel Singers puis des Silveraires, avec qui il fait ses premiers pas en studio. En 1952, il remplace Howard Carroll au sein des Sensational Nightingales en tant que guitariste et chanteur, poste qu’il occupera sans interruption jusqu’à la fin de sa carrière, participant aux différents enregistrements du groupe pour Peacock, ABC et Malaco jusqu’à leur dernier album en 2008.
Dès les années 1950, le groupe devient un des principaux acteurs de la scène gospel américaine, et son succès persiste jusqu’aux années 2000, avec une nomination aux Grammys en 2003. Avec eux, Wallace se produit à plusieurs reprises en France, passant en particulier par le festival Jazz sous les Pommiers en 2004 et par Marciac en 2009. Si le gospel a été son unique univers musical, Wallace s’est néanmoins approché ponctuellement du monde séculier. En particulier, il est l’auteur en 1957 d’une chansonnette dansante, The twist, qu’il donne à son collègue Little Joe Cook, avant que Hank Ballard ne se l’approprie. Il co-signe également avec Sam Cooke une chanson intitulée Chalk line, qui est gravée par le frère de celui-ci, L.C. Cooke.
Originaire de Californie, le chanteur Walter Scott fait ses débuts discographiques au tout début des années 1960 avec son frère jumeau Wallace au sein des Utopians, avant de monter, toujours avec son frère et d’autres chanteurs, un quintet baptisé The Whispers, qui s’installe à l’invitation de Sly Stone à San Francisco. L’ensemble ne tarde pas à se faire remarquer pour ses spectaculaires prestations scéniques et commence à enregistrer pour le petit label local Doré puis sur Soul Clock, décrochant un succès mineur en 1969 avec The time will come.
Tout au long des années 1970, le groupe continue à publier singles et albums sur le label Janus et décroche une série de tubes modestes, essentiellement dans le classement R&B. Tout change à partir de 1978 et la signature avec le label de Dick Griffey, Solar. Dans la foulée, le groupe enregistre son plus gros succès, And the beat goes on, sur lequel Walter Scott assure le second chant principal avec son frère. D’autres tubes majeurs suivent jusqu’au début des années 1990 parmi lesquels Lady (chanté par Walter Scott), It’s a love thing et Rock steady.
Passé sur Capitol, le groupe poursuit sa carrière avec succès jusqu’au milieu des années 1990, puis enregistre plus ponctuellement. Restés fidèles au groupe jusqu’à la fin, les frères Scott lui font une brève infidélité en 1993 avec un album en duo, “My Brother’s Keeper”. C’est néanmoins avec les Whispers, désormais réduits à un trio suite au décès de plusieurs membres, que Walter Scott a fait la quasi-totalité de sa carrière, se produisant avec le groupe jusqu’à ce que sa santé le lui interdise au début de cette année.
Originaire de Dallas, le chanteur et clavier Cavin Yarbrough fait connaissance avec Alisa Peoples dès son enfance, alors qu’ils prennent ensemble des cours de piano. Devenu musicien professionnel, il accompagne sur scène Leon Russell avant de retourner à Dallas, où il monte avec Peoples un premier groupe Grand Theft.
Remarqués par les membres du Gap Band que Yarbrough avait croisé alors qu’il tournait avec Russell, le duo signe son propre contrat avec le label du groupe, Total Experience, et commence à travailler sur leurs disques avant de lancer sa carrière propre avec l’album “The Two Of Us” dont est issu le tube Don’t stop the music. Une série de singles et d’albums suit, avec notamment deux nouveaux succès majeurs, Don’t waste your time et Guilty, jusqu’en 1986 où le duo quitte le label.
Marié l’année suivante, le duo retourne à Dallas et se concentre sur une carrière de choristes qui les voit apparaître notamment sur des disques de Lucky Peterson, Billy Branch et Larry McCray. Au début des années 2000, le duo fait partie de l’équipe artistique de la comédie musicale Blind Lemon Blues, dans laquelle Yarbrough interprète le rôle de Lead Belly, qui se joue à New York, mais fait également étape à Paris, à la Maison des Cultures du Monde, pour quelques représentations en 2004. Le duo se produit par ailleurs régulièrement sur le circuit de la nostalgie, même s’il n’enregistre plus sous son nom.
C’est à Como, dans le Mississippi, que grandit Mack Arthur Orr qui ramasse du coton toute sa jeunesse tout en fréquentant les juke joints locaux. Installé à Memphis, il travaille comme conducteur d’équipement lourd avant d’ouvrir son propre garage, Mack’s Auto Repair sur Jackson Avenue. C’est l’influence d’Albert King et de son I’ll play the blues for you qui le convainc de se lancer dans la musique alors qu’il est déjà quadragénaire.
Repéré par le guitariste Earl “The Pearl” Banks des Blues Busters, il commence à se produire régulièrement avec les Fieldstones dans les années 1990. À la séparation du groupe, il monte son propre ensemble avec d’autres anciens Fieldstones comme le bassiste Harold Bonner, le guitariste James Bonner et le batteur Wilroy “Wolf” Sanders Jr. L’ensemble publie un premier album, “Fix It When I Can”, en 1999 sur High Water, puis une série d’albums tout au long des années 2000 et 2010, et se produit régulièrement dans les clubs de Beale Street, au Center for Southern Folklore et dans des festivals dans tout le pays et en Europe. Le réalisateur Jim O’Donnell lui a consacré un documentaire, Plain Man Blues – Daddy Mack Orr’s Inspiring Story of Struggle and Triumph.
Née en Caroline du Nord, Patti Drew grandit à Nashville puis s’installe avec sa famille à Evanston, en banlieue de Chicago, où elle chante à l’église avec sa mère et sa sœur. C’est par l’intermédiaire de Maury Lathowers, un musicien local devenu le représentant en ville de Capitol dont sa mère est la femme de ménage, que le groupe formé par Patti Drew et ses sœurs avec le chanteur Carlton Black, les Drew-Vels, fait ses débuts discographiques sur Capitol.
Sorti fin 1963, leur premier single, Tell him, est un tube local et se faufile dans le bas du classement R&B de Billboard, mais l’aventure sur Capitol est de courte durée. Après un single sur le petit label local Quill, l’ensemble se sépare et Drew commence sa carrière personnelle, d’abord sur Quill puis à nouveau sur Capitol, où son premier single en 1967 est une nouvelle version de Tell me, qui monte jusqu’à la 22e place du classement R&B. Jusqu’à la fin de la décennie, Drew enchaîne les singles pour le label – dont la première version du futur classique Workin’ on a groovy thing et une assez fantastique lecture de Hard to handle – et y publie quatre albums.
Elle quitte officiellement l’industrie musicale au début des années 1970, se contentant de réapparitions très ponctuelles dans les années 1970 et 1980 avant de faire son retour sur le circuit de la nostalgie sur lequel elle se produit régulièrement jusqu’à ce que sa santé la contraigne à la retraite en 2019. Ses enregistrements ont fait l’objet en 2007 d’une anthologie très réussie, “The Best Of Patti Drew – Workin’ On A Groovy Thing”, parue sur Stateside.
Originaire de Saint-Louis, dans le Missouri, John Edwards commence à chanter dans les clubs en Allemagne à l’occasion de son service militaire, et se lance dans une vraie carrière à son retour aux États-Unis, publiant quelques singles (dont certains sont enregistrés chez Stax) pour Weis, Twin Stacks et Bell.
La signature avec le label d’Atlanta Aware le voit rencontrer le succès avec plusieurs singles, dont le merveilleux Stop this merry-go-round écrit par Sam Dees, Careful man et Vanishing love, et même un album éponyme. Quand Aware ferme ses portes, il rejoint Cotillion, où il publie également un album ainsi que plusieurs singles et participe avec différents artistes du label à un disque collectif de Noël. Après avoir assuré plusieurs remplacements au sein des Spinners, il intègre définitivement les Spinners à la place de Philippé Wynne en 1977 et n’enregistre plus sous son nom.
Si les plus grands succès du groupe sont derrière lui, Edwards est la voix principale de leurs derniers tubes, Working my way back to you et Cupid, en 1980, et il continue à se produire et à enregistrer avec eux jusqu’à ce que sa santé lui impose une retraite anticipée au début des années 2000. L’intégrale de ses faces Aware, ainsi que de nombreux inédits, a été publiée en 1996 par Kent sous le titre “Careful Man”.
Originaire d’Argentine, le pianiste, compositeur et arrangeur Lalo Schifrin fait ses débuts de musiciens professionnels en France, où il était venu poursuivre des études de musique. Revenu en Argentine, il y est découvert par Dizzy Gillespie et s’installe aux États-Unis pour rejoindre son orchestre. Il y travaille également avec Quincy Jones. Las du rythme des tournées, il se tourne vers le monde du cinéma et de la télévision, écrivant et arrangeant des dizaines de bandes originales, parmi lesquels des thèmes devenus familiers bien au-delà de leur contexte original, comme ceux de Mission impossible, Bullitt, L’Inspecteur Harry, Opération dragon, Mannix ou Starsky et Hutch (dans sa version originale, qui n’a rien à voir avec la chanson française). Nombre de musiciens de jazz, comme Jimmy Smith, ont puisé dans son répertoire et ses compositions ont été chantées par Ray Charles, Lou Rawls, Nancy Wilson, Solomon Burke, George Benson, Randy Crawford, Diana Ross…
Originaire de Vienne en Autriche, Johnny Parth découvre le jazz à l’adolescence, pendant la Seconde Guerre mondiale, et en devient un des activistes les plus dynamiques, créant plusieurs petits labels à vocation documentaire et montant son club. Après avoir collaboré avec Chris Strachwitz sur un projet autour de la musique folklorique autrichienne pour Arhoolie, il lance avec son épouse Evelyn son propre label de réédition, Roots, qui se consacre au blues et publie quelques dizaines d’albums – Blind Lemon Jefferson, puis viennent Tommy McClennan, Frank Stokes, Lucille Bogan & Walter Roland, le Memphis Jug Band, Blind Willie McTell, Tommy Johnson, Ishman Bracey, les Cannon’s Jug Stompers, Son House, Little Brother Montgomery, Sleepy John Estes & Yank Rachell… – entre la fin des années 1960 et celle des années 1970, même si Parth lui-même est moins impliqué sur les dernières années. Au début des années 1980, il pilote quelques rééditions pour différents labels dont Matchbox, Wolf et Earl Archives, avant de lancer en 1986 sa propre structure, Document Records, qui se lance dans le pari fou – mais gagné, avec plus de 1 000 disques parus – de rééditer l’intégralité de la production blues de l’avant-guerre. Il passe le relais à la fin des années 1990 tout en continuant à produire des compilations jusqu’au début des années 2010, mais son œuvre lui survit grâce à des repreneurs qui maintiennent l’activité du label.
Basé à Détroit, Jim Hendin est le photographe officiel de Motown entre la fin des années 1960 et le début des années 1970 et, à ce titre, responsable de certaines des images les plus iconiques du label, au premier rang desquelles celle de la pochette de “What’s Going On”. Parmi ses autres couvertures figurent notamment celles du premier album des Jackson 5, “Diana Ross Presents The Jackson 5“, de “Get Ready” de Rare Earth, et de “Signed Sealed & Delivered” de Stevie Wonder, ainsi que celles de disques de Martha Reeves & The Vandellas, The Originals, Smokey Robinson & the Miracles, Edwin Starr, Jimmy Ruffin, The Undisputed Truth, The Temptations, The Supremes, The Four Tops, Gladys Knight & the Pips… Il s’est aussi chargé du design de plusieurs disques de George Clinton dans les années 1990.
Originaire de Brooklyn, le guitariste et producteur Pepé Willie découvre l’industrie musicale à l’adolescence en travaillant pour Little Anthony & the Imperials, dont son oncle est un membre fondateur. Installé à Minneapolis dans les années 1970, il y découvre le groupe Grand Central avec notamment Morris Day, André Cymone et le cousin de son épouse, le futur Prince. C’est avec son groupe, East 94, que ce dernier fait ses débuts en studio, des enregistrements qui ont ensuite été réédités à de multiples reprises – y compris sans l’accord de Prince. Il est associé aux premières années de la carrière personnelle de celui-ci, assurant ponctuellement son management. Il reste ensuite actif sur la scène locale, collaborant notamment avec Jesse Johnson et apparaissant dans différents documentaires.
Originaire de Caroline du Nord, James McEachin s’installe en Californie à l’issue d’un engagement dans l’armée pendant la guerre de Corée et se lance dans une carrière d’auteur-compositeur et de producteur, souvent sous le pseudonyme de Jimmy Mack – la rumeur veut qu’il ait inspiré la chanson de Martha & the Vandellas. Il travaille notamment avec les Furys, un groupe vocal local, ainsi qu’avec d’autres ensembles du même genre. Il produit également les premiers enregistrements d’Otis Redding (avec les Shooters) et du Watts 103rd St. Rhythm Band avant d’abandonner le monde de la musique à la fin des années 1960 pour une carrière à succès d’acteur au cinéma et à la télévision.
Après avoir fait ses débuts en tant que saxophoniste et chanteur au sein du groupe Bottom & Co., qui signe un album pour Motown en 1976, c’est en tant que producteur et arrangeur (et occasionnellement auteur-compositeur), contribuant à des enregistrements de Ben E. King, Peabo Bryson, Bloodstone, Willie Hightower, Ann Sexton, Major Lance ou Bobby Byrd tout au long des années 1970. Sans renoncer totalement à la soul, il se tourne à partir de la décennie suivante vers le monde du gospel, travaillant régulièrement avec Shirley Caesar dont il coproduit plusieurs albums, mais aussi avec Bobby Jones And New Life, les William Brothers, Tramaine Hawkins, Albertina Walker, les Mighty Clouds Of Joy, Hezekiah Walker et même Aretha Franklin.
Membre fondateur d’Atlantic Starr avec ses frères Jonathan et David, le clavier, chanteur, auteur-compositeur et producteur Wayne Lewis a fait toute sa carrière au sein du groupe, participant à l’ensemble de leurs disques et contribuant à l’écriture et à la production de leurs plus grands succès dans le courant des années 1980. Il continuait à se produire avec le groupe.
Originaire de Californie, la chanteuse, bassiste et guitariste Selby Minner est devenue une figure majeure de la scène blues d’Oklahoma, cofondant en particulier avec son mari D.C. Minner (décédé en 2008) le Down Home Blues Club situé à Rentiesville ainsi que le Dusk Til Dawn Blues Festival. Le couple avait également publié au moins un album, “I Can Tell (You Got Good Loving)”.
Figure de la scène gospel de Détroit, partenaire régulier du révérend Thomas Whitfield, le pianiste et organiste Earl J. Wright Jr. a notamment accompagné sur disque Vanessa Bell Armstrong, Yolanda Adams, Commissionned, Randy Crawford et Aretha Frankin (l’album « One Lord, One Faith, One Baptism »). Il collabore également avec Vickie Winans et Kierra Sheard.
Figure de La Nouvelle-Orléans, surnommé le Crawfish King », ce vendeur de fruits de mer à succès a aussi lancé plusieurs labels comme Scram et Power dans le courant des années 1960 qui ont publié des artistes comme Mary Jane Hooper, Curly Moore, Walter “Wolfman” Washington, Sonny Jones ou Eddie Bo (le classique Hook & sling). S’il est souvent crédité comme producteur ou auteur, c’est ce dernier qui a effectivement en charge l’aspect artistique de la production des différents labels.
Originaire de Caroline du Nord, Worth Long s’implique dès sa jeunesse dans le mouvement des droits civiques, et occupe des postes à responsabilité au sein du Student Nonviolent Coordinating Committee. Il fait ensuite carrière en tant que folkloriste, spécialisé en particulier dans l’histoire orale, et co-dirige le Mississippi Folklife Project du Smithsonian. Il est à l’origine de différents enregistrements, notamment de Roma Wilson et de Fannie Lou Hamer.
Originaire de Phoenix dans l’Arizona, le batteur Rodney Brown fait ses débuts au sein d’un trio baptisé les Three Blazers qui, après l’ajout de musiciens dont le chanteur Arlester “Dyke” Christian, devient Dyke and The Blazers. Il participe aux premiers disques du groupe, dont la version originale de Funky Broadway, mais le quitte après une série de concerts à l’Apollo à l’été 1967.
Originaire de Nashville, McGavock Dickinson Gayden ne tarde pas à s’imposer sur la scène musicale de la ville, à la fois comme guitariste, auteur-compositeur et producteur, décrochant un premier tube majeur dès 1967 avec Everlasting love de Robert Knight, qu’il cosigne et coproduit avec Buzz Cason et qui fera l’objet de nombreuses reprises. Proche de Charlie McCoy, il mène une carrière personnelle, mais devient aussi un habitué des studios de la ville, accompagnant aussi bien Bob Dylan que J.J. Cale et des artistes country, mais aussi Joe Simon, Fenton Robinson – l’album maudit “Monday Morning Boogie & Blues”, Clifford Curry (qu’il produit), Larry Birdsong, Gene Allison… Auteur-compositeur prolifique, ses chansons sont enregistrées par Herbert Hunter, Geno Washington, Clifford Curry, les Box Tops, les Kelly Brothers, Ella Washington, Joe Simon, Carl Carlton, James & Bobby Purify…
Originaire de Washington D.C., Mark Greene forme au milieu des années 1960 un groupe vocal, The Moments avec Eric Olfus Sr., John Morgan et Richard Gross. Repéré par Ed Townsend après quelques singles sur des petits labels, l’ensemble signe avec Stang Records, un des labels fondés par Sylvia Robinson, et Greene est la voix principale de leur premier tube, Not on the outside. En désaccord avec la politique du label (qui est propriétaire du nom), Greene, avec Richard Gross et Eric Olfus, Sr., quitte le groupe et signe avec Stax au début des années 1970 sous le nom de The Leaders, qui publient deux singles sur Volt, dont le petit classique Which way. Il fonde ensuite un autre groupe, The Exceptions. Discret par la suite, il publie un premier album personnel en 1994, “Love Is More Than Spoken”. Dans les années 2000, il rachète les droits sur le nom des Moments et se produit avec sa version du groupe sur le circuit de la nostalgie.
Fondateur dans les années 1970 d’une boutique new-yorkaise spécialisée dans l’artisanat du monde entier, Putumayo, Dan Storger lance au début des années 1990 son propre label, Putumayo World Music, avec pour objectif de documenter par le biais de compilations thématiques les scènes musicales de différentes régions du monde. À partir du début des années 2000, plusieurs anthologies documentent également les musiques afro-américaines, du zydeco au blues du Mississippi, en passant par plusieurs disques dédiés aux sons de La Nouvelle-Orléans, ville où il s’était installé en 2002.
Originaire de Clarksdale, frère du chanteur et guitariste Terry “Big T” Williams, le batteur et chanteur occasionnel Joe “Iceman” Williams, disciple revendiqué de Sam Carr, s’est produit pendant plus de trois décennies derrière les principaux musiciens locaux, de Robert “Bilbo” Walker à Big Jack Johnson, en passant par Wesley “Junebug” Jefferson. Il menait également son Iceman Blues Band, sont le guitariste était Anthony “Big A” Sherrod. S’il ne semble pas avoir enregistré, Living Blues lui avait consacré un portrait dans le numéro de juillet 2021.
Originaire de Tullahoma, dans le Tennessee, le clavier Billy Earheart est membre fondateur dans les années 1970 du groupe country rock à succès The Amazing Rhythm Aces et intègre ensuite l’orchestre d’Hank Williams, Jr. Dans les années 2000, il participe à plusieurs productions de Fred James pour des artistes blues et soul comme Johnny Jones, Freddie Adams, Larry LaDon, Charles Walker, Roscoe Shelton, Stan Webb, Big Al & The Heavyweights. Il apparaît également sur des albums de Jimbo Mathus, Mark “Muleman” Massey, ainsi que sur le disque collectif “Strange Angels: In Flight With Elmore James”.
Éphémère vedette de la scène yéyé qu’il quitte dès 1963 pour une carrière de dentiste, Frankie Jordan a gravé de nombreuses adaptations de titres d’artistes afro-américains, de Fats Domino à Ernie K-Doe en passant par Joe Jones, LaVern Baker, Gus Cannon et Ray Charles.
Originaire du Delaware, Norman Hutchins a publié une dizaine d’albums gospel sous son nom entre les années 1990 et les années 2010 qui lui ont valu différents prix dans le genre.
Outre une riche carrière personnelle orientée rock, le chanteur et guitariste Rick Derringer a accompagné sur disque et sur scène Johnny Winter pendant une bonne partie des années 1970.
Membre de l’équipe de Kool & The Gang depuis une trentaine d’années en tant que styliste, Michael Sumler, surnommé Chicago Mike, était aussi le présentateur des concerts du groupe.
Textes : Frédéric Adrian