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Live reports / 30.05.2025

Eli “Paperboy” Reed, Quai M, La Roche-sur-Yon

23 avril 2025.

Il y a vingt ans, Eli Paperboy Reed faisait une entrée fracassante dans le paysage musical d’une soul alors renaissante avec la parution de “Sings Walkin’ And Talkin’ And Other Smash Hits!”. À l’occasion de cet anniversaire, le chanteur-guitariste originaire de Boston, Massachussetts propose une réédition qu’il agrémente notamment d’une tournée européenne. Au programme, quatre dates françaises seulement et un arrêt à la splendide salle du Quai M à La Roche-sur-Yon.

La première partie assurée par Bobbie est une belle découverte. Seule en scène, guitare acoustique en bandoulière, elle propose avec conviction, et une bonne dose d’humour, un répertoire country folk articulé autour de titres de son premier album et n’hésite pas non plus à s’aventurer du côté des classiques tel Joleen emprunté à Dolly Parton.

L’arrivée sur scène d’Eli “Paperboy” Reed sur les coups de 21h30 tranche évidemment avec cette atmosphère feutrée et intimiste. Accompagné pour l’occasion d’un solide groupe espagnol, à l’exception du batteur Noah Rubin, Reed va proposer un concert chargé d’une énergie bouillonnante. Se succèdent durant près d’1h30 les pièces emblématiques qui ont assis sa réputation de soulman et d’entertainer de premier ordre. Come and get it, Stake your claim, IDKWYCTD (I came to play), Burn me up ou I’m gonna getcha back enchantent l’auditoire vendéen.

Seul en scène le temps d’un morceau, Reed retrouve bien vite ses accompagnateurs, tambourin et handclaps à l’appui, pour un intermède qui installe une ambiance churchy à souhait. À peine le temps de reprendre son souffle, l’enchaînement Mama said, Somewhere (Between me and you), Working man ouvre alors une partie du show faisant la part belle aux reprises avec des hommages à Merle Haggard honoré par l’album “Down Every Road” en 2022 ou O.V. Wright (You’re gonna make me cry).

Porté par la ferveur d’un public venu en nombre, Eli “Paperboy” Reed ne ménage pas sa peine et son engagement de tous les instants témoigne d’une réelle générosité. Précédé d’un Take my love with you proprement jubilatoire, le Cut ya down final, brûlant et gavé de fuzz, vient clôturer de fort belle manière une soirée enthousiasmante de bout en bout.

Texte : Nicolas Deshayes
Photos © Christophe Mourot