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Chroniques / 09.04.2025

Kid Ramos, Strange Things Happening

Convaincu par un ami pasteur et missionnaire qui voulait soutenir les musiciens répandant la bonne parole via le gospel, Kid Ramos a appelé le chanteur harmoniciste Brian Templeton pour enregistrer un disque dans ce style. Il a aussi convié son fils Johnny au chant, Dave ­Limina aux claviers, Stephen Hodge à la batterie et Mike Turturro à la basse.

Avec un tel groupe, le gospel est forcément accommodé à la sauce blues orchestré et ce n’est parfois qu’en écoutant les paroles que l’on réalise où on est. Les deux titres composés par Brian le montrent avec le gros blues électrique An answer for Isaac et son harmonica amplifié, et le jump blues Nobody but the Lord. Les dix reprises du reste de l’album sont elles aussi variées par leurs origines et arrangements. I’m working on a building doit plus à la version de Brother Joe May et celles qui en ont découlé ­d’Elvis Presley ou B.B. King, qu’à celle de la Carter Family. L’ambiance et le jeu de guitare de Oh what a meeting évoquent fortement Otis Rush. C’est le titre où apparaît Johnny Ramos au chant et sa voix aérienne, pure, presque féminine est impressionnante.

Avec les autres morceaux, on voyage chez Clara Ward, les Soul Stirrers, Sister Rosetta Tharpe, Richard White, The ­Hallelujah ­Minstrels, The Louvin ­Brothers – une version hispanisante de Satan’s jeweled crown –, Bob Dylan ou Jude Del Hierro. Les ambiances sont gospel, blues, country ou même blues rock. Tout au long, les guitares de Kid ­Ramos sont présentes, avec un son légèrement clinquant, mais dans une forme de discrétion presque frustrante, qui concourt à fortement recommander ce disque de gospel blues entraînant. 

Christophe Mourot

Note : ★★★★
Label : Nola Blue
Sortie : 21 mars 2025