Live reports

02/05/2018

© Frédéric Ragot

Cory Henry & The Funk Apostles

Trianon, Paris 18e

Situation particulière pour Cory Henry : bien que le premier disque avec ses Funk Apostles, “Chapter 1: The Art of Love”, a été enregistré il y a plusieurs mois et que sa sortie a été annoncé à plusieurs reprises, c’est sans album qu’il se présente sur la scène du Trianon, son dernier disque personnel, “The Revival”, paru discrètement en 2016, le présentant dans un format très différent, en duo orienté gospel. Cette discrétion discographique ne l’a cependant pas empêché, à coup de tournées régulières et de prestations “coup de poing” dans les festivals – il enchaîne d’ailleurs encore cet été Vienne, Fontainebleau, Montreux et Marciac, en plus d’un passage au New Morning –, de se créer un public de fidèle qui le suit bien souvent depuis l’époque où il se produisait avec les Snarky Puppy, et c’est un Trianon quasiment plein qui l’attend – après une première partie à laquelle les contraintes de la vie réelle m’ont interdit d’assister.

 

 

À peine le temps de quelques mots introductifs (« Can we make it funky ? »), et la petite bande – Cory Henry, debout à ses claviers au milieu de la scène, entouré de Nick Semrad aux claviers, Adam Agati à la guitare, Sharay Reed à la basse et Brenton Taron Lockett à la batterie ainsi que de deux choristes, Denise Stoudmire et Tiffany Stevenson (qui fêtera sur scène son anniversaire, avec fleurs et gâteau) – se lance dans une version échevelée et à rallonge – près de quinze minutes, allusions aux réseaux sociaux comprises – de Talking loud and saying nothing.

 

 

 

 

Les mois passés sur la route ont porté leur fruit, et le chant de Cory Henry, longtemps son point faible a pris de l’assurance et de l’ampleur, même si ses deux choristes sont là pour le soutenir. Dans la foulée, c’est d’ailleurs Denise Stoudmire qui prend le lead pour un premier titre original – que je n’ai pas identifié – orné d’un très beau solo de synthé à la Bernie Worrell de Nick Semrad, puis pour une version surchauffée de Stayin’ alive des Bee Gees, devenu un classique du show, sur lequel Henry s’offre une série de  solos au Moog puis à l’harpejji – un affreux synthétiseur, également pratiqué par Stevie Wonder, qui prétend imiter la guitare – et enfin à l’orgue pendant que les choristes improvisent autour de la phrase « Life is going nowhere, somebody help me… ».  

 

 

 

 

 

Chef de gang autant que chef d’orchestre, Cory Henry ne ménage pas ses efforts : il chante, danse, joue, encourage du geste ses musiciens et communique avec un public qui lui est tout dévoué. Contrairement aux concerts d’il y a quelques mois, ce sont d’ailleurs les morceaux originaux (l’irrésistible Love will find a way, le très princier Trade it all, publié il y a quelques semaines, Our affairs, seule ballade de la soirée…) qui constituent la plus grande part du répertoire…. Au point d’ailleurs de poser la question de la pertinence de la publication d’un album studio enregistré il y a plusieurs mois, tant ses chansons risquent de sonner stériles par comparaison avec l’incandescence de leurs déclinaisons scéniques, polies par des heures de concerts… Il est évident qu’une bonne partie des spectateurs présents ont déjà eu l’occasion d’entendre Henry sur scène, et leurs réactions lorsque le groupe attaque une chanson de l’album à venir, théoriquement inédite, confirme que beaucoup d’entre eux sont déjà familiers de son répertoire : sur la tubesque Send me a sign, le public n’a pas besoin de se faire prier pour reprendre à pleine voix un refrain visiblement déjà bien connu…

 

 

 

 

En rappel, le groupe s’offre une version carrée et irrésistible du Controversy de Prince qui clôt en beauté une prestation sans temps mort. Les contraintes du couvre-feu imposé à la salle imposent à Cory Henry qui s’en excuse d’arrêter là sa prestation, mais le public reprend à pleine voix le refrain de Send me a sign en descendant les escaliers qui mènent de la salle à la rue. Après des débuts pas toujours convaincants, Cory Henry et ses Funk Apostles ont désormais atteint leur plein régime, et il n’y a probablement pas beaucoup de groupes aussi excitants à choper sur scène en ce moment ! 

Frédéric Adrian
Photos © Frédéric Ragot

 

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