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Chroniques / 15.02.2020

Tami Neilson, CHIKABOOM!

La voix de Tami Neilson est énorme : elle nous attrape comme une chatte de gouttière saisit ses petits. Avec fermeté et tendresse elle nous ballade dans son paysage musical et nous raconte la vie avec un mépris assumé pour les frontières de genre.

Cette voix impressionnante est accompagnée d’une instrumentation rudimentaire : guitares, basse, batterie, percussions. Avec ces moyens limités, Mme Neilson nous construit un parc d’attractions musical. Chaque chanson est un petit univers avec son ambiance, ses décors et surtout une histoire dans laquelle on se retrouve impliqué. Les clips, diffusés au compte-goutte sur Internet, mettent en scène avec humour ces ambiances et ont été conçus comme une composante à part entière de l’album. Tout y passe, de la country dansante (Tell me that you love me) à la soul déchirante (You were mine) et même une comptine accompagnée de percussions qui aurait pu être gravée par les Dixie Cups (Queenie, Queenie).

Malgré une esthétique volontairement kitsch, l’album transpire l’investissement et la sincérité : le tour de manège est aussi un tour de force. Plusieurs chansons sont composées et surtout chantées avec Jay Neilson, qui colle brillamment à la voix de sa sœur pour donner un bel exemple de ce que sont les “blood harmonies” des grandes fratries musicales. Cette redoutable mère de famille clôt sa galette par une berceuse, comme pour se faire pardonner de nous avoir secoué un peu trop vigoureusement. Pas besoin de s’excuser, on a tout lapé jusqu’à la dernière goutte, surtout qu’il y avait comme un arrière-goût de rhum dans le biberon. 

Benoit Gautier

Note : ★★★★
Label : Outside Music
Sortie : 14 février 2020

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