Live reports

17/07/2018

Deva Mahal © Frédéric David

Jazz à Sète (part. 2)

Deva Mahal, Don Bryant

Il fallait la voir lors des répétitions. Chanter des quatre coins du plateau, et même depuis les tribunes vides d'un Théâtre de la Mer qui allait l'acclamer deux heures plus tard. Deva Mahal est chez elle sur scène. Et elle l'a prouvé une fois encore lors de sa prestation qui a illuminé la nuit sétoise, autrement qu'avec les flashs des téléphones portables, pourtant de sortie en ce soir d'été orageux. Fille de Taj Mahal (on a connu pire lignée), la chanteuse née à Hawaï a conservé dans ses intentions l'amour du blues, mais c'est vers une soul moderne qu'elle a choisi d'inscrire sa carrière et les mélodies de son premier album, “Run Deep”, sorti en début d'année. C'est d'ailleurs dans cette tracklist que Deva Mahal puise allègrement pour alimenter son set, composé de nombreux tempos lents (peut-être l'un des seuls reproches) dans des versions proches de celles enregistrées en studio. Heureusement, quelques pistes viennent dynamiter l'ensemble, notamment le sublime Wicked et son groove ciselé nettement plus percutant que sur disque. 

 

 

 

Si les premiers instants du concert sont assez policés, il aura suffi de quelques mots – timides – en français, pour emballer la foule et tisser un lien indéfectible, poussant l'hôte du soir à descendre dans la fosse pour danser avec une habituée des lieux visiblement ravie de tant d'attention, avant de remonter sur scène  gratter quelques cordes de sa guitare blanche, qu'il lui faudra encore apprivoiser. Seul défaut indéniable : la faiblesse assez rare du backing band, totalement effacé et à la musicalité presque discutable, ayant pour seule qualité celle de faire ressortir encore davantage la voix technique et puissante de Deva Mahal. Diva Magistral.

 

 

 

C'est en jeune premier que le vétéran Don Bryant est venu ensuite donner la leçon, avec le sourire nacré et la classe de sa veste argentée. Jusqu'ici habitué du travail en studio, songwriter de la grande époque du label Hi Records, le soulman a repris sur le (très) tard sa carrière d'interprète, auréolé par le succès critique de son album “Don’t Give Up On Love” (2017). Le premier publié en presque un demi-siècle. Et qui mieux que Bryant pour parler d'amour, lui qui partage la vie de la chanteuse Ann Peebles depuis plus de quarante ans. Ensemble, ils ont signé parmi les plus belles partitions de la musique noire américaine, dont le célèbre I can’t stand the rain, qui servira de rappel ce soir-là. 

 

 

 

 

Et pour ceux qui en doutaient encore, peut-être les mêmes qui avaient été déçus par la prestation expresse donnée l'an passé à la Villette, Don Bryant est heureux d'être à Sète. Il le montre allégrement de ses petits pas distillés sur scène, et le répète ensuite au micro à chaque regard croisé, à chaque main tendue vers lui. C'est à dire de la première note, soufflée bien fort par une section de cuivres tonitruante, jusqu'à la dernière. Un show de près de deux heures, que Bryant ne quittera que quelques minutes pour aller se reposer en coulisses, laissant la place et le temps à ses Bo-Keys de lancer une jam session, entamée par un solo de caisse claire sur l'air de « On est les champions ». L'équipe de France sur le toit du monde. Et deux étoiles qui ont brillé fort ce soir-là, pour un jeune homme de 76 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte : Mathieu Bellisario
Photos © Frédéric David

jazzasete.com
tourisme-sete.com

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