Live reports

10/03/2018

Ms Nickki © Christophe Mourot

Nantes In Blues

Nantes et environs (44)

Le 10 mars, l’Art’Scène accueille les Pathfinders. LilOu Hornecker (chant), Max Genouel (guitare), Igor Pichon (basse) et Hugo Deviers (batterie) continuent de peaufiner leurs compositions avant d’entrer en studio pour enregistrer un nouveau disque. Le tout est entrecoupé de reprises personnalisées comme ce long blues lent emprunté à Muddy Waters, sur lequel Max démontre son talent à la guitare. La voix de LilOu est toujours aussi impressionnante, avec une puissance contrôlée qui est pour beaucoup dans l’attrait du groupe. La dynamique est en place, on attend le disque avec impatience.

 


The Pathfinders

 

Le 17 mars, nous sommes à Maure-de-Bretagne en Ille-et-Vilaine pour Stagger Lee et Theo Lawrence & the Hearts, nous en avons parlé par ailleurs. Le 23 mars nous nous retrouvons au Dynamo pour Ms Nickki & the Memphis Soul Connection avec Florian Royo (guitare), Pierre Cherbero (claviers), Julien Dubois (basse) et Fabrice Bessouat (batterie). Tout ce petit monde se connaît bien et démarre à fond dès les premières secondes. Ms Nickki est une vraie “entertaineuse” et prend soin d’établir le contact avec le public par son jeu de scène aguicheur et de multiples accroches verbales auxquelles le public, pas forcément anglophone, ne réagit pas toujours comme elle l’attend. Raison de plus pour le provoquer, ce qu’elle fait avec un plaisir évident. Blues party tonightWhere the big girls at, ses compositions phares font mouche et mettent le public en mouvement. Elle sait aussi choisir ses reprises et on continue de danser sur Soulful dressI’ll take you there, objet de séquences interactives, ou Love and happiness. Florian Royo nous régale de solos sobres et justes, Pierre Cherbero intervenant joliment en contrepoint. 

 


Ms Nickki & the Memphis Soul Connection

 

Mais nous sommes à Nantes, la ville où il y a toujours un concert quelque part, et, à la fin du premier set de Ms Nickki et ses boys, nous choisissons de rejoindre le Zygo Bar où se produit le Blues Organ Combo de Julien Broissand (chant, guitare) avec Bruno Denis à l’orgue et, pour cette fois-ci, Franck Thomelet à la batterie. Leur musique est parfaite pour terminer la soirée. Blues, rhythm & blues, swing jazz, ils sont érudits, leurs reprises vont de Al Hibbler à Little Willie John en passant par Little Walter, Ray Charles, Howlin’ Wolf ou Lee Dorsey, et suffisamment talentueux pour se le permettre. Bruno Denis groove délicieusement à l’orgue, Julien est raffiné à la guitare et Franck swingue à la batterie. Et puis Max Bedouelle apparaît au violon pour encore plus de swing, Philippe Gautier (ex-Bad Mules) supplée Bruno Denis à l’orgue, un trompettiste inconnu de nous se joint au groupe, Ethan, jeune fils de Bruno Denis, intervient à la batterie avec une aisance déconcertante, Laurence Le Baccon prend le micro, François Nicolleau la guitare, et le plaisir continue. Sur Who’s been talking, on savoure de magnifiques solos au violon, à l’orgue et à la guitare. Le groupe reprend sa configuration initiale pour un dernier titre, façon Big Joe Turner, dédié au batteur habituel Arnaud Minier.

 


Blues Organ Combo

 

Retour au Zygo Bar, le lendemain 24 mars pour une nouvelle dose de Stagger Lee. Comme de coutume, c’est Max Genouel (guitare et chant) qui ouvre avec un instrumental rapide, sous le regard protecteur d’Arnaud Fradin (chant et guitare), sous ceux impassible de Miguel Hamoum (basse), malicieux de Thomas Troussier (harmonica) et complice de Hugo Deviers (batterie) qui remplace Fabrice Bessouat toujours en tournée avec Ms Nickki. Le répertoire du groupe a ses passages obligés comme She belongs to meI’ll take care of you qu’Arnaud orne toujours d’un long solo habité à la suite d’un autre morceau de bravoure par Thomas à l’harmonica, mais on entend régulièrement des variations comme ici It must have been the devilSadie ou Motorhead baby, intercalées entre I’m not coming over ou Why don’t you. C’est maîtrisé, sensible, bien joué, bourré de feeling.

 


Arnaud Fradin

 

Et voici avril qui commence le samedi 7 au Pannonica pour le dixième anniversaire du label nantais Kizmiaz, tout fier de présenter Ben Vaughn avec le fidèle Gus Cordovox à l’accordéon et aux percussions, Philippe Treuil à la basse et Jean-Luc Cochy à la batterie. Rock and roll, country, rock, un peu de blues, Ben a un répertoire vintage varié, qu’il sert de sa voix chaude et posée, et orne de solos de guitare comme on les aime, à base de notes rondes, claires, ou distordues quand il le faut comme sur son instrumental Vibrato. Ses autres compositions BeardToo sensitiveRomeoCarved on stone7-11, ou Chingling en rappel sont autant de tranches de vie attachantes. Rien dans l’esbroufe, tout dans l’authenticité et la gentillesse !

 


Ben Vaughn

 

C’est l’autre groupe vedette du label, The Royal Premiers, qui a la charge d’enflammer la soirée et de préparer le public au show DJ et dancefloor promis pour la suite. Une fois encore, le groupe met le feu en deux minutes avec une soul 60s tout droit sortie de ce qu’on trouve sur les juteuses compilations Ace et Kent, avec des reprises de Bobby Bland, Ted Taylor, Mike Pedicin, Charles Sheffield, Little Willie John, Big Maybelle, les Righteous Brothers ou, c’est nouveau, James Brown, que le groupe envoie avec une énergie entraînante, emmené par Ivy Thessalonia au chant. C’est entrecoupé de pépites instrumentales, Twine timeCurtains, au cours desquelles on se délecte du son de la paire Stéphane Vinet au saxophone et Jeff Gaboriau au trombone, de l’orgue de Quentin Bendimerad, des solos de guitare parcimonieux de Yann Jaffiol, soutenus par la basse nerveuse de Franck Daniel et la batterie d’Olivier Caille. Notre objectivité s’égare avec eux mais ils le méritent. Un nouveau disque est en préparation, ce sera un brûlot, c’est certain.

 


The Royal Premiers

 

Le mercredi 11 avril, Prun’ de Blues, émission radio animée par Francis Rateau, Rebecca Eskenazi et votre serviteur, fait son Live avec Blues Organ Combo et Awek ! Le premier se présente en trio avec Julien Broissand (voix, guitare), Bruno Denis (orgue) et Arnaud Minier (batterie). On les a vus peu de temps avant, on sait que ça va être bon, mais on est quand même abasourdi car c’est très bon ! Bruno Denis est ultra-groovy à l’orgue, Arnaud est swingant à souhait et Julien, non content d’être délicat et efficace à la guitare, élève encore le niveau au chant, avec des envolées dans les aigus tout à fait bienvenues.

 


Julien Broissand, Bruno Denis

 

Et que dire d’Awek ? La classe, tout simplement. Ils ne passent pas souvent à Nantes et ils n’étaient pas forcément bien connus du public présent dans les locaux de Hurricane Music à Vertou. Mais, à entendre les réactions spontanées, applaudissements, rugissements, après un solo de guitare de Bernard, un autre de Stéphane Bertolino à l’harmonica, en particulier sur Sweet little angel, et voir tout le monde onduler sur la rythmique imparable de Joël Ferron et Olivier Trebel, on sait que personne ne les oubliera plus jamais. Awek, c’est le trésor du blues français, le groupe dont on devrait raconter l’histoire dans les écoles, pour leur talent musical, leur approche du blues et leur humilité. 

 


Awek

 

Et nous revoilà le lendemain au Dynamo à Nantes pour un vrai concert d’AwekPretty liarThe way you danceCome back baby, d’emblée ils enchaînent leurs compositions et montrent l’étendue de leur maîtrise du blues et de ses composantes. D’autres morceaux originaux suivront et des reprises de Jimmy Reed, en rythme rapide ou moyen, ou lent, tout est là, tout ce qui fait qu’on aime ce groupe depuis longtemps : le chant bien placé, la guitare sobre, les solos stratosphériques de l’harmonica, comme avec cette partie dans les aigus sur Scratch blues ou le solo amplifié de Don’t leave me all alone, la simplicité de la basse, la solidité de la batterie avec ce visage toujours tourné vers le haut. Sweet little angel est de nouveau l’objet d’une superbe introduction à la guitare et d’un grand solo d’harmonica. Julien Broissand est invité sur quelques titres, pour prolonger la soirée précédente. Encore une fois, tous les gens présents ont le sourire et dansent. 

 


Awek

 

Le 14 avril, nous découvrons le Mekano à Rezé et son pendant de plein air Laloko, pour un concert de Max & The Freaky Buds. Max Genouel (voix, guitare), Thomas Troussier (harmonica), Hugo Deviers (batterie) semblent avoir trouvé un rythme de croisière, avec une complicité évidente, enchaînant les reprises, toujours plus érudites, Jimmy Reed, Junior Parker, Franck Frost, Smiley Lewis, Hound Dog Taylor, Big George Jackson, Shawn Pittman, R.L. Burnside, Billy Boy Arnold, Little Walter, Bob Lenarde et consorts. Ils n’hésitent pas à les transfigurer comme ce Rolling blues de John Lee Hooker transformé en blues rural façon Burnside, avec une séquence solo de Max à la guitare pendant laquelle Thomas et Hugo sortent de scène. Autre moment fort, le solo d’harmonica en stop and go sur Real gone lover. Le rappel avec Goin’ to the church des Red Devils laisse augurer des lendemains radieux.

 


Max & The Freaky Buds

 

Le reste du mois sera consacré au festival Bain de Blues et au concert de Mike Welch & Mike Ledbetter dont nous parlons par ailleurs, ce qui nous empêchera de voir, entre autres, Jakez & the Jacks, les Nolapsters, les Bad Mules et les Three Generations.

Texte et photos : Christophe Mourot

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